Ça m'inspire...

Épisode 7 : Bébé sœur est sortie

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Bonsoir les Amis,

Ce soir est un grand soir pour notre jeune narratrice…

« Papa est venu me chercher à la crèche. Il m’a tout expliqué. Je savais que je la verrais ce soir. On est arrivés dans la grande maison du docteur. Je suis entrée dans la chambre de maman, elle était dans un lit. Elle m’a souri. Et à côté je l’ai vue en vrai, enfin. Dans un petit lit de poupée. Elle était sortie. Bébé sœur ! Ouah ! Elle est toute petite. Je rigole. J’ose pas la toucher. Je suis contente ! Je regarde papa. Maman. Bébé sœur. C’est drôle. Chut, elle fait dodo. J’ai envie de m’approcher mais j’ose pas trop.

Quand elle s’est réveillée, avec papa on a changé sa couche. C’était rigolo. Beurk. En plus papa, il avait besoin de moi. C’est moi qui lui donnais le coton. Et la couche. Heureusement que j’étais là pour l’aider. Maman elle est couchée.

J’ai une nouvelle copine pour jouer. Ça faisait longtemps que j’attendais. Mais je vais faire bien attention à elle. Moi je suis grande, et elle est toute petite.

Tout à coup elle a pleuré. J’aime pas. Je trouve qu’elle fait trop de bruit quand elle pleure. Maman l’a prise dans ses bras. J’ai regardé.  Je lui caresse tout doucement la main. C’est tout doux.

Il est l’heure de partir avec papa. On rentre à la maison. Maman et bébé sœur dorment dans la grande maison du docteur. Je le savais. Encore plusieurs dodos comme ça. Peut-être cinq. Je sais compter jusqu’à cinq avec mes doigts. C’est l’heure, on y va.

Salut bébé sœur, à plus. Bizarre, tout le monde rigole quand je dis ça… »

Belle soirée à tous

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Episode 6 : la valise est prête

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Bonjour les Amis,

Voici le sixième épisode avec un terme qui approche à grands pas…

« Bonjour maman, bonjour papa.

Aujourd’hui on va écrire la lettre au Père Noël. Mais surtout j’aimerais bien que bébé sœur arrive. Parfois je demande très fort à maman  : alors, elle est encore là ? Elle dit oui, encore. J’en ai marre. Viens bébé sœur !

Bébé sœur se cache dans le ventre de maman gros comme un ballon. C’est long. Avec papa et maman je compte les dodos. J’aime bien aller au lit parce qu’un jour après le dodo, elle sera là. Elle sera petite. Comme ma poupée. Je pourrai lui donner à manger et jouer avec elle. Elle mettra des couches. Pas moi. Des fois elle va pleurer. Je lui donnerai mon doudou et lui ferai un câlin. Ça fait du bien de les avoir quand je pleure, moi. J’aime bien. 

En attendant, papa joue souvent avec moi et me prend dans ses bras. Maman me raconte des histoires. Maman elle est bizarre, elle bouge presque plus. Elle est toujours fatiguée. Elle me fait câlins seulement quand elle est assise. Elle me porte plus. Je crois que c’est à cause de bébé sœur.

Maman a fait une valise. Elle dit que dedans il y a des vêtements de bébé. La valise est prête. Elle partira chez le docteur pour faire sortir bébé sœur. C’est long.

C’est quand que tu arrives ?? Dépêche toi. Je t’attends… »

Bonne lecture et j’ai vraiment hâte de pouvoir vous raconter la suite….

 

 

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Episode 5 : un ballon dans le ventre

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Bonsoir chers Amis, deux années ont passé depuis l’épisode 4…

« Maman a un ballon dans le ventre. Je ne sais pas comment il est arrivé là. Elle appelle ça : petite sœur. Moi je dis : bébé sœur. Des fois, je lui donne à manger mais elle n’en veut pas. Pourtant je pose sur maman de grosses tartines de brioches. Alors c’est moi qui les mange. J’aimerais bien qu’elle sorte. Je veux jouer avec elle. Tous les jours, papa et maman me disent d’attendre encore. J’ai pas envie. Alors des fois je crie fort : sors bébé sœur ! Mais elle sort pas. A la crèche je dis à tout le monde qu’elle va bientôt sortir. Il paraît qu’elle sera là avant le Père-Noël.

J’aime pas trop quand mamie pose ses mains sur le ballon. Je lui dis non. C’est à moi. Ma bébé sœur. C’est moi qui m’occupe d’elle. Je lui donne ma tétine et mon doudou. Elle viendra peut-être plus vite…

C’est long…. C’est quand que tu sors ? »

Bonne lecture chers Amis

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Episode 4 : La rencontre

Bonsoir chers Amis,

Voici le quatrième épisode de cette petite histoire de vie…

« Que se passe-t-il ? Ce son est inhabituel. Il agresse un peu mes oreilles. Un bip qui se répète. Des voix. Je ne les connais pas toutes. Je n’aime pas.

J’ai de moins en moins de place. Je ne peux plus bouger. J’aimerais la voir enfin. Je ne sais pas comment faire. Je ne connais pas la sortie. J’ai un peu peur quand même.

Deux mains géantes m’agrippent. J’essaie de nager vers le haut pour me cacher. Elles me sortent. Je manque d’air. Ou j’ai trop d’air. Je ne sais pas. C’est nouveau. J’ai envie de hurler. J’ai froid. Je crie.

Elle m’entend. Elle est heureuse. Soulagée. Moi aussi. Elle est là. En vrai.

Mon petit corps contre le sien. Tout chaud. Elle pleure. Ses yeux sourient. Elle me parle. Me rassure.

Je sais que c’est elle. Ça ne peut être qu’elle. Je suis d’elle.

Je reconnais sa voix. Je découvre son odeur. Sa peau. Je la respire.

Elle sera toujours là pour moi.

Enfin.

Bonjour.

Je l’aime déjà tant. »

Bonne lecture et belle soirée à tous

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Episode 3 : Manque de place

 

Bonsoir chers Amis, voici le troisième texte. Bonne lecture et passez une belle fin de week-end.

« Je ne comprends pas très bien ce qui se passe. Elle ne bouge presque plus, ou si peu. S’ennuierait-elle ? Pourtant je suis là, moi. Elle me parle toujours autant, de ce côté-là, pas de problème. Je comprends tout ce qu’elle me raconte. Or c’est comme si ses déplacements étaient plus lents. Comme si elle était plus souvent allongée. Je le sens quand elle est allongée sur le côté. Et c’est fréquent maintenant.

Je commence à moins aimer quand elle est comme ça. C’est moins amusant. Je ne sais pas si c’est lié, mais du coup je trouve que j’ai moins de place. Moins de place pour nager. Moins de place pour gigoter. Moins de place pour lui répondre. Je suis toute serrée. 

Bizarre. Pourtant je suis quand même super bien ici.

Pour l’instant, j’ai peur de sortir. Pas envie. Je préfère rester au chaud.

J’aime toujours quand elle me masse le dos ou les pieds. Ça fait rouler l’eau autour de moi. C’est tout doux. Je joue à bouger sous ses caresses. J’en profite encore un peu, c’est si moelleux ici. »

 

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Episode 2 : La date approche, J-3.

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Bonsoir chers Amis, voici comme promis le second texte…

Bonne lecture

« Mes nuits sont de plus en plus courtes et agitées. C’est le cas depuis quelques semaines déjà. Je rentre tout juste de vacances que les bienfaits se sont envolés presque aussitôt. Tant pis, aucune importance. Ma fatigue passe au second plan. Ma priorité c’est elles. Je ne quitte plus mon téléphone. De nuit comme de jour. 

La reprise au travail est difficile. Je ne suis pas concentrée. Je ne suis pas efficace. Je ne cesse de penser à elles. J’ai la tête ailleurs. J’ai la tête à elles. Elles occupent mes pensées, obsèdent mon esprit, emprisonnent presque mon corps tendu, sur le qui-vive. Prêt à partir. Je parcours un jour sur deux les soixante-quinze minutes de route qui me séparent d’elles.

Juste pour tendre ma main. Juste pour être à l’écoute. Juste pour apaiser. Juste pour être là.

Je suis impatiente.

Je l’aime tant.

Je l’aime déjà. »

Excellente soirée à tous

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Episode 1 : Doucement ouatés…

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Bonsoir chers Amis,

Ce mois de novembre qui démarre m’inspire beaucoup. Je vous propose donc de vous écrire régulièrement un texte très court à suivre à chaque publication. Comme un rendez-vous. Et ce durant un mois.

Je vous laisse le soin de déchiffrer ces jolis messages de vie que je vous ferez passer. En espérant qu’ils trouvent auprès de vous des oreilles sensibles à la résonance que je  souhaite leur donner…

 

Quelque part au cours de l’année 2015…

« Je suis tranquille, bien au chaud, toute recroquevillée, en sécurité.

Les sons extérieurs m’apparaissent doucement ouatés. Parfois, le bruit est gai. Il me donne envie de gigoter. Alors je nage, je nage. C’est agréable. Puis quand je suis trop fatiguée, je porte mon pouce à ma bouche et finis par m’endormir.

Le son que je reconnais le plus facilement et que je préfère : sa voix. Sa douce voix. Elle me parle chaque jour depuis le début. Elle me raconte. Elle se raconte. J’aime l’écouter. Je m’agite pour lui répondre. Elle semble apprécier car j’entends son sourire. Alors je recommence de plus belle. Puis elle me donne une caresse que j’apprécie tout autant. Je me sens bien ici.

Je l’aime déjà. »

Bonne lecture et belle soirée chers Amis !

 

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Les Bouilles à Barbette et Gueules de bois : Si trop sérieux, s’abstenir !

Bonsoir chers Amis,

Il est temps que je vous parle d’une de mes découvertes de mon week-end girondin.

En déambulant hier dans le charmant vieux village de Saint Émilion aux ruelles pavées, je suis tombée nez à nez, rue de la Grande Fontaine, avec une drôle de paire d’yeux accrochée sur un mur en pierre de calcaire. Ce regard fixe, émanant de tasses à café en acier inoxydable, et non je ne suis pas dingue, me fixait au point de m’intriguer vivement. Ces yeux surplombaient un long nez droit presque tranchant. Le tout souligné d’une bouche charnue et très rouge aux contours extrêmement bien dessinés. L’ensemble était harmonieux sur un visage allongé et plutôt mat taillé dans le bois. À la Modigliani. En dépit des matières métalliques et boisées, des lèvres figées, la figure semblait presque réelle et souriante. Vivante. Elle rehaussait un corps sans peau mais tout aussi mat, aux formes avantageuses et généreuses. Un corps qui portait la vie sous une robe aussi rouge que la bouche. Le rouge écarlate de la passion.Cette silhouette de femme était façonnée à partir d’une douelle de barrique de vin. Une douelle est une pièce en bois de chêne qui forme avec d’autres la paroi des tonneaux. Elles font environ 90 cm de long pour une largeur de 5 à 10 cm.

Maurice Barbette, sculpteur, crée des personnages plein de gaité, qu’il nomme ses « Bouilles à Barbette » ou « Gueules de bois » et fabrique de l’humour en 3D. J’ai immédiatement aimé son travail. Il se décrit lui-même comme « relookeur de barriques, mais pas que ! «  Il réalise également de nombreux autres objets fantaisistes aux dénominations tout aussi farfelues.

« Un soupçon de Modigliani, une forte parenté avec Max Ernst, une âme d’enfant conservée dans un écrin, Barbette se réfugie dans un univers peuplé d’êtres hybrides, faits de végétal, de verre, d’inox. »

 Un artiste à découvrir sans délai. Mais attention, tout en respectant sa devise :

« Si trop sérieux, s’abstenir ! « 

Du coup, sachez que je ne me suis pas abstenue ! J’adore les personnes qui ne se prennent pas au sérieux.

http://www.barbettemaurice.net/

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Extrait de Croire au merveilleux

J’aime cette manière dont Christophe Ono-Dit-Biot évoque un sujet si sensible et délicat, sans jamais le citer. Je vous laisse donc en découvrir la teneur par vous-même :

« Pas un bruit dans la ville, où, depuis un an, la mort frappe, régulièrement, au nom d’un dieu oriental qu’on dit avide du sang de ceux qui ne croient pas en lui. »

Cette phrase est tirée de son dernier livre, Croire au merveilleux, collection blanche, Gallimard. Christophe Ono-Dit-Biot est le président du prix Landerneau des lecteurs 2017.

Note de l’éditeur :

ONO DIT BIOTJournaliste et écrivain, Christophe Ono-dit-Biot est né en 1975. Agrégé de Lettres, il est directeur adjoint de la rédaction de l’hebdomadaire Le Point, où il est notamment en charge des pages Culture. Écrivain, il a déjà publié quatre romans : Désagrégé(e) (2000), prix La Rochefoucauld, Interdit à toute femme et à toute femelle (2002), Génération spontanée (2004), prix de la Vocation, Birmane (2007), prix Interallié.
Dernière mise à jour : 30/07/2013
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