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L’attente

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Figée, debout, son casque sur les oreilles, à contre sens dans la rue bondée, elle se fait bousculer par de nombreux passants. Ils la heurtent, la bousculent, râlent. Ça lui est égal. La musique résonne en elle. Elle l’attend lui.  Avec une impatience non feinte. Cette sorte d’impatience qui fait battre le cœur et frémir les jambes. Celle qui noue le ventre. Celle qui pique les yeux. Ses pieds sont lourds mais ne tiennent pas en place. Elle regarde toujours au loin et tout à coup : Elle le voit. A quelques dizaines de mètres. Son cœur explose. Le riff de guitare aussi.

Il approche, marche vers elle. Elle l’observe. Elle essaie de retenir son sourire encore un peu. Il est encore trop loin. Elle veut le lui donner entier et plein. Rien que pour lui. La mélodie est douce dans ses oreilles. Elle reste sur place, immobile. Elle veut qu’il vienne à elle. Les mains dans ses poches. Son pas assuré lui démontre à quel point il est bien ancré dans sa vie. Combien aussi il est pressé de la retrouver. Elle le devine. Elle aime son allure très sûr de lui. Lui aussi lui décochera un sourire et elle vibre déjà de le recevoir. Celui coincé entre deux fossettes, celui qui lui dit son plaisir de l’approcher. La musique s’intensifie. Il est tout près maintenant. Elle entend ses yeux gris lui souffler son besoin d’elle. Elle aime la lumière chaude qui émane de son regard. Cette même lumière qui n’éblouit qu’elle car n’existant que pour elle. Ses boucles châtains n’attendent plus que ses doigts fins pour les détendre. Sa tête à elle n’aspire plus qu’à se lover contre son épaule épaisse et enveloppante. Il est maintenant là, tout contre elle. Le batteur frappe avec force et lâche tout. Leurs peaux s’apprêtent à se toucher. Ses lèvres se posent sur les siennes avec autant de délicatesse et de volupté qu’elles sont douces et bien dessinées.

La musique touche à sa fin.

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La nuit s’est abattue subitement

NUIT

La nuit s’est abattue subitement.

Tu ne l’as pas vue arriver. Pourtant tu es dehors. Tu devais avoir l’esprit occupé. Le nez dans un livre. Elle est désormais face à toi, derrière toi, autour de toi. Elle t’enveloppe toute entière. Tu fais partie d’elle. Elle t’a engloutie sans peine. Tu lui appartiens, deviens sa chose. Elle t’emporte avec elle. Pour quelque temps seulement. Puis elle s’épaissie. Elle est d’un noir absolu, profond. Comme une robe du soir. Seuls quelques points lumineux tels des petits lampions apparaissent et permettent de se repérer dans l’espace. D’y mettre des curseurs. Des constellations sur la voûte céleste. Des escales auxquelles tes yeux peuvent se raccrocher avant de faire un bon de l’une à l’autre. Tu peux y reprendre ton souffle. Certaines étoiles scintillent plus que d’autres. Elles t’attirent vivement. Ton regard s’y accroche avec force. Elles clignotent comme si elles te lançaient des œillades audacieuses et dans tes pupilles leurs reflets ondoyant peuvent se lire. Dans quelques heures cette nuit s’achèvera. Son obscurité disparaîtra doucement laissant place à la lumière du jour.

La nuit est éphémère mais aussi récurrente et éternelle.

Je vous souhaite les prochaines douces et belles chers Amis !

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Réveillée par un chant

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Bonjour les Amis,

Vous aussi les entendez-vous chanter ? Au milieu de nulle part, dans la nature et son aube, au cœur d’odeurs émanant d’une végétation luxuriante et estivale qui se révèlent avec le lever du jour. Elles chantent. Ces tourterelles au plumage gris rosé. Elle communiquent, échangent, s’expriment sans se douter que j’entends tout. Je ne les comprends pas, n’interprète pas non plus leur langage, mais surtout je les écoute. Leur chant guttural accompagne mon réveil tandis que le soleil laisse échapper ses premiers rayons par-dessus la montagne comme des bras qu’on étire au saut du lit. Des bras infiniment longs et lumineux. Parmi ces oiseaux, d’autre plus petits piaillent et lancent des petits cris plus aigus, m’offrant ainsi des vocalisations multiples et gaies, agréables à l’oreille. Des petits sont nés dans le nid situé au-dessus de ma tête. Ils n’attendent plus que leurs ailes soient suffisamment solides pour se déployer totalement et prendre leur envol. Chaque matin, j’observe leur évolution. Jusqu’à aujourd’hui. C’est le grand jour. Ils se sont échappés dans les airs, sur les traces de leur mère.

Les tourterelles. J’ai commencé à les écouter vraiment à l’âge de huit ans ou dix ans peut-être… Je ne sais plus précisément. Auparavant j’avais dû les entendre, j’imagine, mais sans y prêter vraiment attention. Ce dont je me rappelle avec certitude c’est que dès que j’arrivais là-bas, en ce lieu que j’aimais, je sortais dehors sur le petit balcon et j’ouvrais grandes mes oreilles. Mes petites mains agrippaient les rambardes de la barrière qui encadrait l’escalier menant au jardin. Mon visage n’en n’atteignait même pas le haut. Mes yeux étaient loin, de l’autre côté de la rue. De l’autre côté du grand mur de pierre envahi de lierre. Au-delà se dressaient des arbres gigantesques et vigoureux. Leurs feuilles et leurs branches menaient une danse gracieuse dans le vent. Celui-ci jouait avec mes cheveux longs. Il caressait même le bout de mon nez. Il soulevait un peu, mais pas trop, ma robe bleue.  Elle gonflait. J’aimais bien. Comme quand je la faisais tourner. Je fermais les yeux. J’avais envie de sourire. Je souriais dedans. Mais surtout j’écoutais. Que pouvaient se dire ces tourterelles ? Elles étaient au moins deux. Peut-être plus. Elles seules parlaient comme ça. J’imaginais qu’elles chantaient. Elles avaient leur langage, leur voix. J’aurais aimé savoir où elles se trouvaient exactement. Je savais déjà que c’était dans le grand parc en face. Derrière le haut mur de pierre. Elles devaient être cachées dans les arbres centenaires. Avaient-elles fait leur nid là-bas ? Dans ces branches dansantes ? Parfois j’arrivais à les apercevoir quand elles s’envolaient. Elles étaient belles avec leur plumage gris. Presque rosé. Je rêvais d’en avoir une un jour, rien qu’à moi. Chez moi. Chez nous. Chaque fois que je venais chez mes grands-parents je les écoutais.

Aujourd’hui encore je continue, comme ce matin, comme chaque matin de mes vacances. Ces matins où je prends le temps d’écouter ce qui m’entoure. Mais ne devrais-je pas écouter plus souvent ?

Et vous chers Amis, prenez-vous ce temps ?

A méditer…

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Une pause fraîcheur en terrasse

Bonjour les Amis,

Le temps semble faire une pause alors que la matinée s’est déjà à demi écoulée. Quelque part pendant l’été, sous une chaleur écrasante, un petit coin de fraîcheur a croisé notre chemin. A moins que ce ne soit nous qui l’ayons traversé par hasard. Qui sait ? Le hasard existe-t-il ? A peine aperçue cette petite terrasse que nous avons immédiatement stoppé la moto, coupé son moteur doux mais bruyant et garé l’engin à l’abri du soleil sous un marronnier. Le calme est revenu. J’ai posé un pied à terre, il a crissé sur le sol sablonneux, j’ai observé en balayant d’un simple regard cet endroit qui nous tendait les bras et instantanément j’ai su. J’ai su qu’il me plairait. J’ai su qu’il m’inspirerait. J’ai su qu’avec vous je le partagerais. J’ai soupiré d’aise.

Le petit Bar de la poste se situe à l’entrée d’un vieux petit village aux maisons de pierres grises. Des fleurs fournies et colorées dégoulinent des jardinières accrochées aux fenêtres des maisons, tandis que des rosiers en escaladent les murs sans pouvoir arrêter leur ascension. Le bar quant à lui offre une terrasse emplie de fraîcheur contrastant avec la chaleur enveloppante de ce début de journée.  Les branches des arbres et leurs feuilles vert tendre sont soutenues par une structure de bois formant ainsi une pergola naturelle. Quelques tables et chaises de la même couleur paraissent avoir toujours vécu en dessous. Nous nous y installons, commandons des jus de fruits frais que nous sirotons à la paille. Derrière moi, le mur du fond en pierre a été complètement camouflé et décoré à la manière du Street Art. Cette note contemporaine vient en opposition à l’atmosphère de l’endroit paisible, intemporelle et éternelle. Cependant j’y vois une contradiction très bien maîtrisée avec une accroche réussie.

Près de nous, deux femmes discutent en oubliant qu’elles ne sont pas seules en ce lieu. L’une raconte à l’autre son enfance mauricienne alors que sur une autre table trois hommes âgés échangent des propos que nous n’entendons pas. Pour eux aussi le temps semble s’être arrêté le temps d’un café. Pour nous, il s’agit d’une pause dans notre virée à moto. Une pause dans la matinée. Une pause dans nos vacances. Une pause dans notre vie. Une jolie pause fraîche et ombragée qui nous a donné le courage de poursuivre notre route.

 

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Écriture nocturne

 

 

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Bonjour les Amis,

J’aime tant noircir mon écran la nuit. Quand elle est noire, épaisse et impénétrable. Alors que la maison est endormie. Encore engourdie de silence, vide de paroles et de bruits domestiques. Seul le vent dehors devient le ronronnement de la demeure. Seul ce vent caressant la toiture et les fenêtres me rappelle que la vie est toujours là. La vie comme un fil au bout de mes doigts qui courent sur le clavier. La vie dans mon imaginaire qui invente des histoires à n’en plus finir. Mes doigts font du sport. Ils se dégourdissent  autant qu’ils et se crispent sur le clavier pour y déposer mes pensées les plus folles.

Vers cinq heures, j’observe la nuit s’évaporer et je perçois poindre le jour. Il s’infiltre dans mon salon par tous les pores avec à la fois douceur et autorité, sans y avoir été invité. Il s’impose et s’étale dans toutes les pièces laissant sur son passage une lumière ambrée teintée de rose. Mon écran est noirci de mots que j’espère bien choisis pour devenir un texte fluide.

Au petit matin, la maisonnée s’éveille avec ses bruissements croissant. Un parquet qui craque, une porte qui grince, un café qui coule, une tartine qui s’échappe du grille-pain. Et je suis toujours là. Fatiguée. Apaisée. Satisfaite et centrée.

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Elle jaillit soudainement

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Bonsoir les Amis,

Récemment, je vous ai parlé de la furieuse envie d’écrire. Aujourd’hui je vais vous parler de la suite. Celle qui surgit par surprise. Celle qui m’assaille de temps à autre et me provoque en arrivant sans préavis. N’importe où. N’importe quand. Dans n’importe quelle circonstance. Dans la rue. Au restaurant. En vacances. Au travail. A moto. En courant. Dans la nature. En ville. Seule. Accompagnée. En musique. Ou pas. En avion. En voiture… Dans ma vie quotidienne, elle s’impose à moi. Contrairement à l’envie d’écrire, elle ne se loge pas en douceur pour s’installer et prendre possession des lieux, possession de moi. Quand elle pointe le bout de son nez, elle est aussitôt violente, impulsive, surprenante, inattendue, incontrôlable.

Elle prend alors n’importe quelle apparence. Celle d’un homme portant un chapeau. Celle d’une fillette. Celle d’un groupe. Celle d’un vieux randonneur. Celle d’une amie. Celle de la nature qui m’entoure. D’une chevelure bouclée. D’un sourire. D’un regard. D’une voix. D’une mélodie. D’un lieu. D’un bruit ou d’un silence. D’une couleur. D’une odeur. D’un toucher. D’un met. Que sais-je encore ? Elle peut être n’importe qui, n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand… Elle est inexplicable. N’a aucun sens logique. Rien de cartésien. Rien de compréhensible. Aucune évidence. Mais énormément d’intérêt. L’inspiration.

Quand elle me saisit, je ne suis plus où je suis censée être. Je ne suis plus attentive à ce qui m’entoure. Je suis ailleurs. Obsédée par elle. Je suis partie. Je ne sais pas très bien où, en revanche je sais que je finirai par atterrir. Quelque part. Dans une nouvelle histoire ou dans la suite d’une existante. J’adore être sa victime et assister à la naissance d’un nouveau personnage. Ou d’un nouveau passage. D’un nouvel épisode. D’une nouvelle tranche de vie. Je ne maîtrise alors plus rien. Seul le phénomène déclencheur à son insu prend le contrôle sur mon esprit. Et alors :

Je ne réfléchis plus je compose.

Je ne pense plus je rédige.

Je ne vois plus je regarde.

Je n’entends plus j’écoute.

J’aimerais tant un jour que tous ceux qui m’ont inspirée à un moment donné puissent non seulement le savoir mais être réunis tous ensemble. Nous serions alors très nombreux, dans plein d’endroits différents, habillés de toutes les couleurs, diffusant dans notre sillage toutes sortes d’odeur. Nous partagerions tellement.

Bonne fin de soirée les Amis

 

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Elle est souvent furieuse…

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Bonjour les Amis,

Je vais vous raconter une curieuse expérience récurrente chez moi.

D’où vient-elle ? Comment est-elle née ?

Elle est là, tapie au fond de moi, au creux de mon ventre. Je la sens physiquement. Je sais qu’elle est présente en permanence, qu’elle sommeille en moi, or certains jours elle se manifeste plus que d’autres. Elle s’éveille et me surprend. Elle me prend souvent au dépourvu. Elle s’agite puis m’assaille. Elle bouillonne sans brûler. Elle est vive mais douce. Elle cherche à remonter, sans sortir par ma bouche. Alors elle monte plus haut et se fraie un chemin jusqu’à ma tête. Elle s’infiltre dans mon cerveau. Elle occupe alors pleinement le terrain. Ne cède aucune place à d’autres pensées. Elle s’étale, s’étend, s’étire. Elle se pose enfin un peu. Mais rapidement elle trouve l’espace encore trop exigu. Elle doit sortir et s’échapper. Exploser. S’exprimer. Sa seule issue sont mes doigts. Deux solutions s’offrent à eux. Ils attrapent un stylo et se laissent guider. Ils laissent glisser la mine sur le papier pour le noircir. Ou alors ils choisissent le clavier et courent dessus à vive allure, bercés par le cliquetis des touches comme s’ils jouaient de la musique.

Plus rien d’autre n’a alors d’importance. Nothing else matters.

D’où vient cette furieuse envie d’écrire ?

Elle n’a rien à voir avec l’inspiration. Cette dernière sait comment elle arrive et de quoi elle veut parler alors que l’envie d’écrire, pas forcément. Elle est juste là. Elle veut vivre et exister. C’est ce qui ce passe en vous écrivant ces quelques lignes. Elle a surgi sans savoir quelle forme elle prendrait il y a encore quelques paragraphes.

Cette furieuse envie d’écrire est comme une bulle de savon qui prend forme lentement  lorsqu’on souffle dessus, elle grossit,  puis finit par éclater. Légère. Une fois évacuée, notée, elle s’évapore et disparaît en laissant un sentiment de pleine satisfaction et d’accomplissement.

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Le père Noël est passé

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Bonjour les Amis,

Je me suis levée le matin, j’ai frotté fort mes yeux parce que j’étais encore un peu fatiguée puis j’ai écouté papa et maman. Ils m’ont dit qu’Il était passé pendant que je dormais. Ouah ! J’ai vite descendu l’escalier en pierre, je donnais une main à mamie, et de l’autre je m’accrochais à mon doudou hippopotame. En bas j’ai couru nus pieds, « ben oui ! Mes chaussons sont sous le sapin ». J’ai traversé la cuisine et je suis arrivée dans la véranda. Sur les vitres il y a plein d’étoiles et de bottes de Noël. C’est moi qui les ai collées avec tonton. « C’était cool« . Et là, devant le grand sapin qui brille et qui touche le plafond, il y avait plein de cadeaux. J’ai poussé un petit cri tellement j’étais contente. Le premier que j’ai vu, c’est un gros chien en peluche. Le même que ceux de papy et mamie. « Super ! » Il est tout doux. C’est Mon chien. Je l’appellerai Pilou. Il y avait aussi d’autres paquets pour moi. Je le sais parce qu’ils étaient emballés avec du papier bleu. C’est ma couleur préférée. Plusieurs fois j’ai crié : « C’est génial ! ». Quand je dis ça, les adultes rigolent, alors je le répète encore et encore. J’aime bien quand ils rient grâce à moi. Je rie aussi.

Bébé sœur avait des cadeaux elle aussi. Mais elle est trop petite pour les ouvrir toute seule, alors comme moi j’ai deux ans, je les ai ouverts pour elle. Elle était contente. Elle a dit : « Areuh ». Elle ne joue pas encore avec moi. Heureusement papy, lui, m’a expliqué tout mes jeux. On fera même une cabane dans le jardin tous les deux.

J’aime bien Noël. J’aime bien les cadeaux. J’aime bien faire rire tout le monde. Le midi en arrivant à table, j’ai dit très fort : « Bonjour les amis ». Ils ont tous rigolé très longtemps, je ne sais pas pourquoi… Mais j’aime bien.

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Depeche Mode : un compagnon de route

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Et si nous parlions musique pour changer un peu. Juste car j’ai envie de partager avec vous chers Amis, ce que j’ai ressenti en écoutant le célèbre groupe Depeche Mode il y a quelques jours.

Je conduisais et j’avais un agréable et mélodieux passager. Dave Gahan. Sa voix profonde m’a accompagnée durant quelques heures de route. Nous étions confinés dans l’habitacle. Je le baladais tandis que lui ne chantait que pour moi.  Plutôt des chansons vieilles d’une trentaine d’années. Je sortais de l’adolescence et je montais le son jusqu’à m’en abrutir les tympans. Jusqu’à sentir le rythme battre dans ma poitrine, contre mon cœur. Personal Jesus et son riff de guitare blues résonnait dans ma tête et dans mon ventre. Enjoy the Silence et Strange Love, entre autres ont eu le même effet sur moi. Le temps sur la route passe beaucoup plus vite en écoutant de la bonne musique. Pendant près de quatre cents kilomètres, mon regard est concentré sur ma trajectoire et mes pensées filent elles aussi à toute allure. Or elle ne font que passer. Elles ne s’arrêtent pas, ne se posent pas, ne s’ancrent pas en moi. Elles courent, se chevauchent, se bousculent pour mieux s’éparpiller ensuite. J’adore cette sensation d’avoir l’esprit en ébullition. Tout se mélange alors pour ne garder que le meilleur. Musique, mots, pensées. J’ai juste envie d’arriver le plus vite possible pour pouvoir les jeter rapidement sur le papier avant qu’elles s’envolent, me quittent et disparaissent à tout jamais.

La musique a cette faculté de laisser nos pensées négatives, nos mauvaises ondes, sur le bas-côté du chemin. Elle gonfle le cœur, rend plus léger et donne force et courage. Elle laisse croire qu’avec elle rien n’est insurmontable. Cette sensation d’être plus fort que tout est une véritable dose d’adrénaline. Indispensable à la confiance en soi.

Je vous invite donc, chers Amis, à prendre le temps vous aussi d’écouter des mélodies qui ont une résonance particulière pour vous. Elles vous porteront, vous transporteront, vers une parenthèse sans doute autre que celle de Céline !

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L’arôme d’été…

IMG_1793Il fait frais dans la maison ce soir. Elle se lève du canapé et se dirige vers l’escalier de  pierre pour aller fermer les fenêtres restées ouvertes à l’étage. Un courant d’air qui lui donne des frissons fait grincer la vieille porte à poignée ronde du palier. Arrivée dans sa chambre à coucher au fond du couloir, la jeune femme s’immobilise tout à coup près du lit. Elle est assaillie. Elle l’a détecté. Elle le sent, il est là, bien présent. Il s’est infiltré dans la pièce sans prévenir. Il est de retour et la saisit pour la première fois cette année.  Elle vibre d’émotion, ferme les yeux, ouvre ses bras, lève le nez, hume l’air et s’en imprègne. Il est si particulier, si intense, si estival, quoique encore un peu printanier… En tout  cas, il est si reconnaissable ! Il la fait rêver. Il annonce l’arrivée de l’été, la fin de l’année scolaire, l’amorce des grandes vacances, l’apogée des longues et chaudes soirées  d’été suivies des grasses matinées, les retrouvailles en famille, les petits-déjeuners interminables, le temps à partager. C’est un mélange de terre, de foin, de pluie et de soleil, mais pas trop. Un peu d’orage aussi, puis de campagne, de nature et de bovins. Il est presque aigre doux. Il est éphémère, il répand l’odeur des prémices de la nouvelle saison à venir. C’est celui qui plane dans l’atmosphère et embaume jardins et maisons. Dans quelques jours il disparaîtra pour laisser place à celui authentique du soleil qui, seul lui, laisse la peau sensiblement sucrée et délicatement musquée.

C’est l’arôme des premiers soirs d’été.