Alphabet

L comme Lire

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crédit photo @Tim Macpherson

Bonjour les Amis,

Voici comme promis, arrivé le moment de vous écrire sur la lettre L. Quoi de plus naturel pour moi que de choisir le mot LIRE ? Je vais vous l’expliquer et me dévoiler un peu…

Petite, je ne savais pas encore lire que déjà je rêvais d’en être capable. Pourquoi allez-vous me dire ? Parce que pas un soir depuis ma plus tendre enfance, ma mère ne me coucha sans me raconter une histoire. Elle me la lisait, assise au bord de mon petit lit, tandis que je l’écoutais attentivement, affectueusement, enveloppée dans mes draps. Mon doudou dans les bras. C’était peut-être même l’un de mes moments préférés de la journée. Ecouter l’histoire du soir. J’entends encore le bruit des pages qu’elle tournait tandis que j’attendais la suite avec impatience. Mon souffle se coupait. Elle y mettait le bon ton. Elle y donnait de l’élan, du relief. C’était si bon ! Je garde de vagues souvenirs de tentatives de négociations pour obtenir sa clémence et m’en conter une seconde.

Certains soirs, ma mère ne prenait pas de livre entre ses mains. Pas de bruit de pages tournées. Mais toujours la même impatience et attention de ma part. Ces soirs là étaient particuliers. Elle INVENTAIT l’histoire. J’étais sidérée. Mon imaginaire n’ayant aucune illustration sur laquelle s’appuyer, il bouillonnait intensément. Il se déployait avec force. Je parvenais à voir nettement les animaux sortir de sa bouche. Les personnages prenaient vie par sa voix. Leurs aventures étaient bien réelles et les émotions palpables. Le plus délicat pour elle était le lendemain, lorsque je lui suppliais la suite, dont elle avait parfois déjà oublié le début.

Puis un jour, c’est arrivé. J’ai su lire. J’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir mes premiers albums, mes premières bibliothèques rose et verte, les contes, puis les fables de la Fontaine à l’école, et tant d’autres ouvrages encore. J’ai enfin compris ce que ma mère nous racontait de sa propre enfance.

« Petite, j’étais capable de lire tout le temps, partout, quels qu’étaient les bruits environnants, les personnes autour de moi. Je faisais abstraction de tout, j’entrais dans ma bulle. »

Et alors plus rien d’autre que ses héros de papier n’avaient d’importance. Et moi de l’imaginer assise sur une chaise près de la fenêtre dans le séjour chez mes grands-parents… Ma grand-mère avait également un attrait particulier pour la lecture, même si l’époque et sa vie bien remplie lui laissait sans doute moins le loisir de s’y adonner.

J’ai aimé cette nouvelle expérience, cette découverte de pouvoir déchiffrer les mots sur le papier et pouvoir en comprendre le sens. Puis en grandissant, j’ai aimé prendre conscience que je pouvais souscrire à ma propre interprétation des mots. J’ai réalisé que leur lecture ne résonnait pas forcément en moi de la même manière que chez les autres. La lecture donne lieu à débats, à échanges. J’ai appris à aimé les mots. A tel point que j’ai même aujourd’hui développé une sorte d’addiction à toutes formes de dictionnaires. Analogique, étymologique, de synonymes, de combinaison…

Depuis, je n’ai jamais cessé de lire. Chaque jour. Même un court moment. Voire un instant. N’importe où. Lire me fait voyager, rêver, réfléchir. Parfois me bouleverse. Mais presque toujours m’emporte. M’envole.

La boucle semble être bouclée, car moi-même j’ai réussi à donner ce goût de la lecture à mes propres enfants. Il ne faut pas succomber aux idées reçues que les jeunes ne lisent plus. Preuve en est que le marché du livre jeunesse se porte plutôt bien. Or il est vrai que ce goût pour les livres doit être incité, provoqué, défié puis bravé. Comment un enfant peut-il aimer lire si jamais aucun livre ne lui a été déposé au creux des paumes comme un trésor ? Si il n’en n’a jamais entendu le bruissement du papier ? Jamais senti l’odeur de l’encre et parfois de poussière ? Si jamais un livre n’a franchi son univers familier ? Il faut créer l’envie avant l’entrée à l’école. Sans quoi, cet objet initialement source de ravissement pourrait vite se transformer en simple outil pédagogique qui perdrait de sa saveur. La transmission du plaisir de la lecture est nécessaire à condition qu’elle soit vécue dans le partage et le consentement. Et non comme une contrainte.

Rapidement lire m’a également donné envie d’écrire. Dès mon plus jeune âge. J’ai alors là aussi trouvé une nouvelle forme de satisfaction, mais encore insatiable car elle grandit un peu plus chaque jour. Pour qu’elle soit absolument comblée, elle implique un temps dont je ne dispose pas encore suffisamment. Pourtant j’aimerais tant :

Lire pour écrire. Ecrire pour être lue. Etre lue pour écrire…

En attendant, je n’ai qu’un dernier mot à écrire : Merci maman !

Très bientôt chers Amis, je vous parlerai d’un livre que j’aime beaucoup. Un éloge de la lecture pour faire suite à ce texte.

Bonne lecture à tous.

Coup de cœur

Prix des Ados de Deauville : une mobilisation litteraire

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Bonjour les Amis,

Je vais vous parler aujourd’hui de culture et notamment de transmission du goût pour la lecture. Il s’agit d’une action réalisée par les Espaces Culturel E.Leclerc de Normandie. Pour ceux qui connaissent bien cette enseigne, vous savez qu’elle est très impliquée dans la culture et le livre en particulier. Je vous situe le contexte.

L’enseigne et ses magasins normands est associée au célèbre Festival Livres et Musiques de Deauville et organise communément avec la municipalité un Prix des Ados. Un prix littéraire destiné aux élèves de troisième et seconde de Normandie. Il est soutenu par la Région, le Rectorat de Caen et le Département du Calvados. Le Prix des Ados est passé d’une soixantaine d’inscrits à sa création il y a dix ans pour atteindre 3 400 en 2018 soit 131 classes ! La clé du succès : une sélection d’ouvrages qui ont pour thème la musique. Le comité de lecture est composé d’enseignants, de libraires des Espaces Culturels E.Leclerc et d’adolescents qui votent pour leur ouvrage préféré, quant aux livres ils sont généreusement offerts par les magasins.

Le prix sera remis le vendredi 13 avril au Centre International de Deauville, lors d’une cérémonie haute en couleur, rassemblant les quatre auteurs de la sélection, 1800 adolescents et des surprises musicales. J’aurai l’occasion d’y assister, je pourrai donc vous reparler bientôt de l’ouvrage du gagnant. La particularité cette année qui me donne vraiment envie de partager avec vous est son édition anniversaire : 10 ans

À cette occasion, une vaste mobilisation littéraire est mise en place en faveur du Centre François Baclesse de Caen et sa cellule accueillant les adolescents atteints de cancer.

Les Espaces Culturel E.Leclerc souhaitent associer à la remise du Prix une action forte en terme de transmission de la culture. Les jeunes collégiens et lycéens de la région sont invités à déposer dans les magasins le livre de leur choix qu’ils ont aimé ou qui a marqué leur enfance, mais surtout qu’ils désirent partager ! Au préalable, ils auront « préfacé » l’ouvrage de manière à le personnaliser. Les livres ainsi recueillis seront remis au centre de lutte contre le cancer François Baclesse pour les jeunes malades.
Chaque participant deviendra ainsi un passeur d’histoires qui pourront adoucir les
journées des jeunes hospitalisés. Enfin, le lauréat du Prix des Ados 2018 sera convié ultérieurement à rencontrer les adolescents malades dans l’amphithéâtre du Centre François Baclesse.

Les lauréats sont les suivants :

Carole Trébor, pour Révoltées aux Éditions Rageot ; Sylvie Allouche pour Stabat Murder aux Éditions Syros ; Fred Bernard pour Lady Sir aux Éditions Glénat ; David Lelait-Helo pour Quand je serai grand, je serai Nana Mouskouri aux Éditions Anne Carrière.

Je trouve que ce projet permet de donner accès à la culture qui trouve sa place auprès de tous les publics et aussi de donner le goût pour la lecture aux plus jeunes. Contrairement aux idées reçues, les jeunes aiment toujours lire et sont curieux. La tâche restante est de continuer à toujours se mobiliser pour les inciter à garder cette passion de la lecture et la culture en général qui ouvre l’esprit et les cœurs et qui apporte douceur, évasion et tolérance. Ces jeunes lecteurs cultivés représentent la génération de demain, c’est donc une excellente raison pour persévérer dans ce combat qu’est l’accessibilité à la culture à tous et dès le plus jeune âge.

« Cher Ami collégien ou lycée, si toi aussi tu veux participer et devenir un passeur d’histoires, visionne la vidéo ci-dessous. Et merci par avance de ton geste qui aura une valeur inestimable pour l’enfant qui recevra ton don de livre. »

https://prixdesados.wordpress.com/2018/03/27/don-de-livres-a-vous-de-jouer/

 

Rencontre

Lecture musicale de Neverland

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Bonjour les Amis,

Au 27 rue Jacob, Paris VI, au cœur de Saint Germain, nous étions très nombreux dans une petite salle mythique, une maison d’édition. Aujourd’hui une librairie. En arrivant j’ai franchi les célèbres grilles de cette bâtisse blanche et cossue, je suis passée devant le magnifique if qui ombrage une petite cour, puis je suis entrée dans cette demeure dont les murs ont une mémoire. Une mémoire des nombreux épisodes éditoriaux et intellectuels qui ont traversé des lieux. Ils sont nombreux les écrivains qui ont foulé  ce sol comme moi ce soir ! Dans les pas de qui ai-je donc marché ? À l’intérieur régnait une ambiance joyeuse et conviviale. L’accueil était chaleureux. Je me suis immédiatement sentie bien et à ma place. 

Ce soir là, je venais écouter la lecture de Nerveland, roman mis en musique par Albin de La Simone, auteur-compositeur-interprète à succès. C’est Timothée de Fombelle, l’auteur du livre en personne, qui nous contait quelques passages de son formidable ouvrage sur l’enfance. A ses côtés, Albin s’était installé au piano et rythmait les paroles de son ami de quelques notes en parfaite adéquation avec les mots. Parfois même sa voix s’élevait et dansait autour de moi, calmement, elle m’enveloppait d’une douceur enfantine. L’un et l’autre me faisaient remonter le temps, me transportaient dans un voyage à travers l’enfance. Souvent je me suis reconnue, je me suis souvenu… C’était beau et poétique.

L’association musique et lecture était merveilleuse, je me suis sentie bercée pendant plus d’une heure. Je n’avais pas dix ans, et j’écoutais maman me conter ou m’inventer une histoire comme chaque soir. Ce rendez-vous quotidien était de retour. Et c’était bon. Je l’ai savouré avec plaisir.

Neverland est à lui seul une atmosphère, il répand une odeur de vécu insaisissable…

À défaut d’avoir pu écouter la musique qui accompagnait ce joli texte, je vous conseille vivement la lecture de celui-ci dont voici le premier paragraphe :

« Il y a dans les hauts territoires de l’enfance, derrière les torrents, les ronces, les forêts, après les granges brûlantes et les longs couloirs de parquet, certains chemins qui s’aventurent plus loin vers le bord du royaume, longent les falaises ou le grillage et laissent  voir une plaine tout en bas, c’est le pays des lendemains : le pays adulte. »

Bonne lecture et bon week-end les Amis.

https://wordpress.com/post/laparenthesedeceline.com/687

 

 

billet d'humeur

La rentrée littéraire : c’est parti !

Bonjour les Amis,

La rentrée littéraire a débuté. Tout doucement. Chaque jour, chaque semaine verra son flot de nouveaux titres débarquer sur les tables des librairies. Sans oublier les versions numériques via les e-books.

De mon côté, j’ai déjà plusieurs titres en tête dont j’attends impatiemment la sortie. Parmi eux, des premiers romans prometteurs. Dès que je les aurais lus, bien entendu je vous en ferai part et partagerai avec vous mes ressentis.

En attendant, je suis en train de terminer la lecture de « Vous aimer » de Caroline Bongrand, publié en 2016 chez Robert Laffont. Je vous en parlerai d’ici demain je pense.

N’hésitez pas non plus à échanger sur ce blog, toutes vos impressions, bonnes ou mauvaises sur des titres qui vous auront marqués. Je suis également à l’écoute de propositions de lectures.

Bref, faisons ensemble de cette Parenthèse, un lieu d’échanges d’idées culturelles de toutes sortes !

Belle journée à tous et à très vite

Rencontre

RENCONTRE AVEC BRIGITTE FOSSEY…

photo brigitte fossey blog

Lors du festival Culturissimo organisé par 26 espaces culturels E.Leclerc, j’ai eu le bonheur d’écouter à Cherbourg, Brigitte Fossey lire des poèmes tirés du recueil Paroles de Jacques Prévert. Parmi eux, Le cancre que j’ai beaucoup aimé.

L’actrice qui a bercé mon enfance et mon adolescence, m’a subjuguée lors de sa prestation tant vocale que corporelle sur scène. À travers sa voix délicatement ronde et puissante à la fois, les poèmes de Jacques Prévert ont pris vie. Elle les a non seulement lus, mais joués, chantés, exprimés de manière si intense, si présente… Prévert était là, parmi nous. Brigitte Fossey était  face à moi, j’ai bu Ses paroles, les Paroles de Prévert. J’osais à peine cligner des yeux de peur de perdre de ces instants, de chacun de ses gestes, de ses déplacements sur l’estrade. Mes oreilles sont restées en alerte : ne pas manquer une consonne, une voyelle de ces mots qui pénétraient en moi pour venir se blottir dans mon ventre et dans mon cœur. Depuis ils y sont restés, bien au chaud. J’ai souri, ri, senti parfois ma gorge se serrer, mes yeux me piquer, mais j’ai tout aimé, rien regretté. Pas un mot, pas un souffle.

Depuis j’ai relu quelques poèmes, ils ont tout à coup un goût autre, différent, meilleur.

Je suis ravie d’avoir fait la connaissance d’une grand Dame du cinéma. Une femme humble, douce, posée. Elle m’a laissé des étoiles dans la tête, m’a apporté du plaisir. Que j’aime ces rencontres humainement riches !

J’ai vraiment été heureuse d’organiser cet évènement. Voilà, je voulais partager ce moment avec vous tous chers lecteurs.

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