Avis de lecture·rentrée littéraire 2017

Le livre que je ne voulais pas écrire

LE LIVRE QUE JE

Le livre que je ne voulais pas écrire. Et bien pour moi, au départ, c’était plutôt : le livre que je ne voulais pas lire. Pour être honnête, je n’avais pas très envie de lire de témoignages de rescapés du Bataclan. Pas que ce déplorable et malheureux événement me laisse indifférente, bien au contraire ! Mais juste pas envie de replonger dans ce chaos dont j’ai tant entendu parler sur les chaînes d’infos en continu. Et puis, finalement, comment ? Pourquoi ? Je me suis lancée et j’ai ouvert la première page. 

 Lui ne voulait pas écrire ce livre jusqu’à ce que deux de ses meilleurs amis parviennent à le convaincre de prendre la plume. Auparavant il lui paraissait incongru de mettre sa présence en avant dans cette salle de concert, ce 13 novembre là. Puis une pensée s’est immiscée dans son esprit :

 » À la même période j’ai aussi compris que je me trouvais exactement au carrefour d’une aventure personnelle et d’un drame collectif. »

J’ai aimé la manière dont Erwan Larhrer aborde ce sujet. De façon assez inattendue il parle à la deuxième personne. TU. Tu pour dire Je. Ou Tu pour ne pas dire Je justement… Tu pour peut-être ne pas revivre directement ces moments d’une violence extrême, cette douleur du corps et de l’âme incommensurable. Même si lui, essaie de me faire croire que seul son corps a souffert. Il semble s’en persuader lui-même. Je ne suis pourtant pas dupe.

J’ai aimé la manière dont il parle en lieu et place des attaquants. Il s’adresse à l’un d’entre, toujours avec le Tu. Cette fois pour le désigner, lui, l’immonde personnage. L’auteur entre dans sa peau, vit cette dernière soirée qui l’effraie autant qu’elle le fait jubiler. Il est responsable de cette tuerie à sa place. Il tient la kalachnikov. Celle qui envoie des balles filant à 2500 km/h.

J’ai aimé la manière dont Erwan Larher a inséré dans son ouvrage les points de vue des membres de son entourage. Ses proches relatent comment ils ont vécu, eux, cette soirée en attente de nouvelles, dans l’angoisse, dans l’espoir. Chacun d’eux raconte un peu d’Erwan.

J’ai aimé la manière dont Erwan Larher réalise à quel point le corps et l’esprit peuvent être liés. Je le savais. Il me l’a confirmé. Comme si certaines émotions étaient trop grandes pour pouvoir rester enfouies au fond d’un corps devenu trop petit pour elles. Elles doivent s’en échapper, resurgir, par n’importe quel moyen. Par tous les pores. 

J’ai aimé la manière dont Erwan Larher abandonne le Tu et repasse au Je à la fin du livre. Il assume enfin le traumatisme qu’il a vécu. Ce avec quoi il devra vivre désormais. Ce qui fera toujours partie de lui maintenant. 

En conclusion, vous l’aurez compris, chers Amis, Le livre que je ne voulais pas écrire est aussi celui que je ne voulais pas lire, et pourtant j’ai aimé la manière dont Erwan Larher l’a construit !

Bonne lecture à tous.

http://www.quidamediteur.com/catalogue/made-in-europe/le-livre-que-je-ne-voulais-pas-ecrire

Existe aussi en ebook :

https://e-librairie.e-leclerc.com/ebook/9782374910666/le-livre-que-je-ne-voulais-pas-ecrire-erwan-larher

 

 

inspiration

République, Paris

republique

Je suis dans un taxi parisien. Propre. Avec un chauffeur, indien me semble-t-il. Aimable. Peu loquace. Habillé classe. Classe mais laid. Son costume couleur rosâtre légèrement chiné est… étonnant. Je crois que c’est le bon terme. En tout cas je n’en trouve pas d’autre. Il n’en n’existe pas d’autre pour cette tenue. Intérieurement je souris. Extérieurement peut-être aussi, légèrement. Dehors il fait beau. Doux. Comme une jolie fin d’été. Nous quittons la place de la République pour nous diriger vers le neuvième arrondissement. Traversons le boulevard Saint Martin. La circulation est fluide. Je me sens bien. À l’arrière du véhicule je lis. Un roman qui vient juste de sortir. « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher. C’est son cinquième roman. Celui-ci évoque sa présence au Bataclan un certain 13 novembre. Dans le taxi, en sourdine, Jazz Radio. La musique s’immisce dans mes oreilles. Dans ma tête. Je lève les yeux de mon livre. L’auteur y raconte sa passion pour la musique. Le Rock. Moi aussi j’aime beaucoup. Mais en cet instant c’est plutôt jazz. J’apprécie aussi. J’observe la rue. Sa vie. Ses passants. Tout est calme dans cette voiture. Un tel contraste avec ma lecture du moment. Page 18, l’auteur aussi traverse République. Comme moi. Puis la rue Faubourg du Temple. J’en étais à deux pas il y a encore quelques minutes. Ce parallèle à quarante-six mois d’intervalle m’interpelle. Me laisse songeuse. Me touche. Lire sur les lieux du crime. Des crimes…

La vie joue son rôle. Elle a continué. Il y était. Pas moi. Je vais terminer ma lecture. Et je vous raconterai ce que j’en pense très vite.

A bientôt et bonne soirée les Amis.