Création

Il pleuvait des feuilles d’or…

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Bonsoir chers Amis, ce soir, je vais vous conter une histoire…

Ce jour là je me promenais sur un petit sentier forestier, à la montagne. L’après-midi était entamé et octobre était arrivé à mi-chemin. Mon espace temps à moi ne demandait qu’à s’étendre, à s’ouvrir en douceur. Il avait besoin de décloisonner, de se déverrouiller.

Le soleil lui, se glissait entre les feuilles des arbres en les illuminant tandis que mes pensées positives et débordantes dégoulinaient sans retenue dans tout mon corps pour l’éclairer.

Le chemin était escarpé avec un fort dénivelé. L’effort que me demandait cette marche énergétique chauffait tous mes muscles et me faisait prendre conscience de toutes les parties de mon corps. J’aimais le mettre ainsi à l’épreuve, lui rappeler que nous étions deux. Lui. Et moi.

Quelques oiseaux chantaient tandis qu’une femme qui marchait à une vingtaine de mètre derrière moi fredonnait une ballade. Ce curieux mélange de sons avait pris une forme harmonieuse et résonnait en moi comme un apaisement. J’ai été déçue un instant lorsque cette randonneuse s’est tue. Mais la nature m’a vite rappelé sa présence et d’autres sensations douces ont pris possession de moi.

Le vent était doux et tiède comme une caresse sur mon visage, ma respiration profonde et calme, mes poumons étaient ouverts et prêts à accueillir chaque souffle d’air que je leur envoyais.

Mes sens olfactifs n’étaient pas en reste. L’humidité du sol dégageait des effluves boisées, des arômes de terre et d’humus. Ici et là de drôles et jolis champignons rouge à pois blancs. On les aurait dit tout droit sortis du pays des Schtroumps. Des amanites tue-mouches. Quel nom étrange !

Le bruit des cailloux qui roulaient sous mes pas, celui des feuilles mortes qui craquaient sous mes pieds,  frappaient doucement mes tympans et me permettaient de rester en lien avec la réalité. J’ai écouté le son pur et feutré qu’elles émettaient lorsqu’elles tombaient. Ou plus exactement quand elle se décrochaient des branches. Un petit crissement. Les arbres pleuraient de joie, libérés. Il pleuvait des feuilles d’or. Tout était jaune, doré, lumineux.

C’était le bruit du beau. De la grâce.

Puis, au bout du sentier, les arbres s’écartaient sur les bas-côtés le terrain était devenu plat, et la plaine m’apparût. Verte. Une vue très dégagée sur la campagne.

L’espace.

Je respirais alors à pleins poumons. J’aspirais la tiédeur de l’air. J’avalais les rayons du soleil. J’humais les odeurs. Mon corps entier se remplissait de la nature environnante. Mon âme s’ouvrait. Mon esprit se détendait.

La sérénité m’avait alors envahie. Et comme c’était bon !

Cette promenade avait vraiment pris le goût du plaisir, de l’écoute, du recentrage, de mon ancrage dans cette nature.

Je vous souhaite à tous chers Amis, de parvenir à méditer comme je l’ai fait ce jour là.

 

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Aujourd’hui, je suis allée au paradis

 

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Aujourd’hui, je suis allée au paradis.

A défaut d’être LE paradis universel, celui dont on nous parle depuis la nuit des temps, affublé des images qu’on lui associe tous, c’était MON paradis. Le mien. De ce jour uniquement. Demain sera autre.

Mon paradis a commencé par prendre la forme d’une route sinueuse de Corse. Dans la montagne, à travers une forêt. Une petite voie cabossée par les années, par les écarts de température excessifs d’une saison à l’autre, et surtout par le manque d’égards et de soins prodigués. Les bosses et ornières qui la parsemaient, obligeaient la moto sur laquelle j’étais passagère à faire de nombreux zigzags.

Tous mes sens étaient en éveil. A chaque courbe que prenait la moto, mes pupilles se dilataient un peu plus devant la beauté du panorama. Derrière chaque virage, apparaissait un nouveau décor qui faisait écarquiller toujours plus mes yeux. La montagne jouait la fière devant moi. Elle se dressait haute et droite, me toisait, immobile et stoïque. Elle se voulait grande et reine. Seuls les arbres qui la paraient étaient fantaisistes. Leurs espèces étaient variées. Leurs couleurs fluctuaient selon que le soleil était niché ou non dans leurs bras feuillus. Selon comme la brise les chahutait. Leurs reflets passaient du vert au gris, sans prévenir.

Tandis que mon visage et mes bras se laissaient effleurer par le vent chaud et ouaté, mon nez se chargeait de l’odeur de bois douce et réconfortante qui flottait dans l’air. Je respirais à pleins poumons pour emmagasiner un maximum de cet effluve. Pour l’ancrer en moi.

Au détour d’un énième virage qui permettait à la moto de me bercer, il est apparu. Le refuge de montagne. Celui dans lequel nous allions pouvoir nous restaurer. Au milieu des arbres. Mon paradis a alors revêtu une nouvelle apparence. Quelques tables et bancs de bois disséminés ici et là près d’une petite cabane. Des émanations de feu de bois et de viande grillée ont pris possession de mes narines. Je les ai laissées s’infiltrer avec délectation. Mes oreilles quant à elles, étaient attentives tant au crépitement des flammes qu’au bruit de l’eau qui se déversait sans discontinuer dans la fontaine de pierre.

Pas de carte. Pas de menu. Un choix très restreint. Il n’en faut pas plus au paradis. Fromage et charcuterie corse, salade ou entrecôte grillée. Avec mon bien-aimé nous avons opté pour la dernière proposition. Il faut dire que notre odorat était particulièrement stimulé en ce sens. Autour de nous pas plus de vingt personnes. Motards, cyclistes, marcheurs. Chacun était respectueux du calme époustouflant du lieu tout comme de la beauté du paysage. Comme si un éclat de voix avait pu tout faire disparaître instantanément, dans un souffle, briser la magie du site. Sans parler de l’accueil des hôtes, empreint d’une générosité simple.

Au retour, un nouveau parfum a croisé notre chemin. Celui-ci je l’adore. Il me parle parfois, m’inspire souvent, me subjugue toujours. Il me manque même quand je reste longtemps sans le sentir. Le parfum du maquis. Si particulier. Une senteur légèrement poivrée et épicée. Chaude comme la lettre A de maquis, piquante comme son I. le paysage avait changé, nous n’étions plus dans les sous-bois. La vue était complètement dégagée. La terre semblait plus aride. Les pierres étaient parfois à vif, à découvert, mises à nu.

 Je ne peux pas affirmer n’avoir jamais rien vu de plus beau. Non. C’est certain. Ce n’était pas paradisiaque. Cependant ces instants que j’ai vécus en cet endroit étaient envoûtants. Des moments dégoulinant de sérénité, de bien-être. J’étais apaisée. J’ai aimé. J’ai gravé en moi.

C’était mon paradis à moi. Mon paradis du jour.

Un paradis simple, sobre, humble.