billet d'humeur

Au secours il neige en hiver !

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Bonjour les Amis,

J’ai envie de vous raconter une histoire de dingue ce matin. Il se passe depuis quelques heures un événement annoncé comme extraordinaire, hors normes. Du jamais vu selon les sources : depuis 1946 ou 1987. Autant dire que la précision n’est pas de mise dans ce dossier. En parallèle j’entends que la pire année était 2018 mais finalement et fort heureusement, 2019 se présente sous de meilleurs auspices. Ce que je vous dis n’est pas clair ? C’est normal, ce n’est à rien n’y comprendre. Pour autant la médiatisation de ce phénomène ne fait que prendre une ampleur exponentielle.  Pour l’occasion on sort les stagiaires en journalisme dans la rue. Équipés de bonnet, gants et nez rouge de rigueur ils commentent ce qu’ils voient. Ou ce qu’ils ne voient pas encore car celle tant attendue arrive souvent après eux, les pauvres. Le but est de faire de l’audience, d’occuper le terrain. Nous les français, nous adorons les scénario catastrophe.

Voyez-vous de qui je parle ? La grande dame blanche. La neige. Et oui, c’est surprenant et inattendu semble-t-il de la voir tomber fin janvier. En France. En plein cœur de l’hiver. Sous des températures à peine négatives. C’est complètement fou cette histoire ! Et pourquoi cette surprise ? S’attendait-on plus à la voir arriver en plein été ? On nous la décrit avec pléthores d’adjectifs. Cette neige peut être collante, lourde, glissante, ou encore légère et fine. Le seul message à retenir est la prudence sur les routes. Plus personne ne doit bouger, sortir, se rendre à l’école. Ne surtout pas laisser supposer à nos enfants que quoi qu’il arrive il faut aller travailler. Si par malheur ils le croyaient. Je trouve également fabuleux cette compétence innée que chacun possède pour mesurer la hauteur de la neige tombée. Nous avons tous un double décimètre naturellement intégré dans nos pupilles. Or la mesure de base n’est pas toujours la même pour tout le monde. Chacun pense détenir La vérité. L’unique. On se chamaillerait presque pour deux centimètres d’écart. A qui aura vu le plus de neige dans son jardin, sa rue, sur son toit. Les résultats ont une fiabilité comparable à celle des comptages d’individus présents dans les manifestations. Selon la police ou les organisateurs, les avis divergent souvent très fortement.

Puis sans transition et surtout sans aucun complexe, les journalistes nous expliquent qu’à quelques milliers de kilomètres, un froid polaire frappe les Etats-Unis. Chicago va vivre sans doute quelques jours sous moins cinquante degrés. New-York devrait être touchée dans les mêmes proportions. Mais c’est si loin de chez nous… Nous sommes français, et ce qui se passe dans notre petit pays est toujours bien plus grave et plus important que tout le reste, ne l’oublions jamais. Maintenons notre réputation de râleurs et peureux. C’est tellement plus confortable que d’affronter des comparaisons qui pourraient ne pas nous être flatteuses. Ne sortons pas de notre zone de confort. Profitez plutôt de cette belle journée blanche et fraîche chers Amis. Faites des boules de neige, voire des bonhommes si vous trouver suffisamment de matière.

A bientôt

 

 

 

 

 

 

Création

La douceur de l’automne

eucalyptusLa douceur du soleil d’octobre m’enrobe et laisse sur ma peau une agréable sensation ouatée, épaisse et veloutée. Comme tamisée. Alors que la douceur des prémices du printemps apparaît, elle, plus lumineuse, fraîche et légère. Celle de ce début d’automne, finit d’enterrer les jours paisibles et agréables de l’été. Ceux qui se prolongent tard dans la nuit tiède au parfum encore ensoleillé.

Profiter de cette douceur une dernière fois avant les longs mois d’hiver devient nécessaire. Une envie de stocker ces derniers rayons de soleil s’empare de moi. J’ai envie d’ouvrir mes bras et respirer à pleins poumons pour qu’ils se nichent au fond de moi. Envie de les humer, les croquer, les avaler. Envie qu’ils se distillent ensuite en douceur tandis que l’hiver s’étirera avec nonchalance. Qu’ils s’échappent par tous les pores de ma peau. Me réchauffent. Qu’ils m’éclairent de l’intérieur en cette saison interminable. Pendant cette éternité de froid, d’humidité et d’obscurité. Qu’ils m’aident à franchir ce brouillard à travers duquel ne pénètre pas un soupçon de lueur. Celui qui donne à mes yeux la sensation d’avoir comme seul point de chute l’eucalyptus du fond de mon jardin. Ce feuillu en mouvement incessant, courbé par le vent. Ses branches ne s’arrêteront-elles donc jamais de lutter contre les éléments, vent et pluie ? Elles doivent être fatiguées. Elles me font penser à des bras qui gesticulent pour se débattre. Derrière l’arbre, plus rien. Le néant. Le blanc. Un mur. Comme si mon univers n’avait que lui pour ligne d’horizon. Tout est obscur, triste et gris. Aucune luminosité. Juste le vent qui s’acharne à tourner autour de l’eucalyptus. Autour de moi. Il tourbillonne. Avec ses cris sourds, comme emprisonné lui aussi.

Le vent a mal. L’arbre pleure. Et moi je m’impatiente de voir revenir la lumière.