Coup de cœur

Marche ou crève

marche oucrève

Bonjour les Amis,

Stephen King sous son pseudonyme Richard Bachman nous livre ici un réel roman d’anticipation dystopique. Par là, un roman qui se déroule dans un futur proche ou lointain, peu importe et dans une société où le bonheur est inatteignable. Une sorte de contre utopie.

Tout est dit dans ce titre sans équivoque.

« Garraty, un adolescent natif du Maine va concourir pour «La Longue Marche», une compétition qui compte cent participants. Cet événement est très attendu. Il sera retransmis à la télévision, suivi par des milliers de personnes. Mais ce n’est pas une marche comme les autres, plutôt un jeu sans foi ni loi…
Garraty a tout intérêt à gagner.
Le contraire pourrait lui coûter cher.
Très cher… »

Chaque participant qui ne respecte pas les quelques consignes de la Marche a droit à trois avertissements après quoi il est tué. La seule once de chance de s’en sortir tient dans le fait que chaque avertissement est annulé au bout d’une heure si le participant n’entrave pas les règles pendant ce laps de temps. Autant dire que l’heure qui suit ce troisième avertissement est vécue avec une tension abominable. Une tension que seule King sait tenir à ce point. Ce livre est grandiose, unique, extrêmement dur. Le langage y est souvent cru, du Stephen King quoi ! La construction des personnages est parfaitement menée. Leurs tempéraments sont vite mis à nu or il faut toute la lecture du livre pour découvrir réellement qui ils sont. Pour chacun d’entre eux, l’idée de la mort indéniablement imminente tend à révéler la profondeur de son âme avec ses beautés comme ses noirceurs. L’introspection est au cœur de cette histoire horrible, imaginaire, que King parvient presque à rendre magique. Certains deviennent attachants tandis que d’autres sont juste ignobles. La cruauté de cette Marche est absolue. Elle pousse ces garçons à agir de manière souvent inattendue et incontrôlée.

L’horreur de cette épreuve sportive attendue et suivie par des milliers de personnes donne à réfléchir sur notre société actuelle. Celle qui prend plaisir à s’abreuver en boucle d’informations toutes plus cruelles les unes que les autres. Celle qui parie sur le nombre de morts en espérant toujours en compter un peu plus dans des événements assassins. Celle qui se délecte de son regard intrusif sur des programmes de télé-réalité sans morale aucune, sans intérêt, qui ne contribuent qu’à anéantir les cerveaux déjà peu développés de leurs spectateurs. Comme c’est dangereux ! C’est en cela que ce texte  paru il y a trente est un roman d’anticipation me semble-t-il.

Âmes sensibles, s’abstenir, ou au contraire pas… pour sortir un peu de sa zone de confort.

Je vous laisse méditer et décider vous-mêmes. Bon dimanche à tous.

https://www.culture.leclerc/livre-u/litterature-u/policier–thriller-u/marche-ou-creve-9782253151395-pr

Existe en ebook

https://e-librairie.e-leclerc.com/ebook/9782226336323/marche-ou-creve-richard-bachman

Et je vous invite à découvrir le site de Stephen King France sur lequel vous aurez accès à toutes les informations sur l’auteur, ses œuvres, et tout son univers : https://stephenkingfrance.fr/

Création

La course à pied : un état à part

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Depuis quelques mois je pratique modérément mais régulièrement la course à pied. Quelques kilomètres pour me détendre. Tant mon corps que ma tête et mon âme. Le premier se sent mieux, à la fois plus léger et plus fort, la seconde plus vide et la dernière plus riche. Du coup je me sens plus sereine.

En courant en bord de mer j’hume différentes sortes d’effluves. Certaines sont iodées, d’autres fleuries ou d’autres encore, plutôt sucrées. Elles pénètrent dans mon nez pour atteindre mon cerveau. J’aimerais pouvoir les consigner pour les sentir dès que je le désire. Comme quand on écoute un enregistrement ou qu’on regarde une photo. Les éléments sont alors figés et consultables à souhait. Pourquoi pas les odeurs ? Elles ne peuvent être que reconstituées par des parfums mais ce ne sont pas celles réellement perçues.

La lumière ensoleillée du jour fait tout juste son apparition. Elle commence à éclairer la mer encore d’huile de si bon matin. Elle y dépose des reflets jaunes flottant en surface. J’ai envie d’y plonger toute entière. Le léger vent tiède s’infiltre doucement dans mes cheveux. Il effleure mon visage. Mon corps est prêt pour l’effort. Il sourit, même. Au fur et à mesure de mon avancement, pour lutter contre la fatigue qui se fait sentir, mon cerveau se dissocie du reste de ce corps. Il fait abstraction de mes jambes en particulier. Ma tête ne raisonne plus. Elle se vide de toutes ses pensées comme on renverserait un verre d’eau. Les réflexions sortent par tous les pores, se déversent, coulent et se répandent derrière moi. Je les laisse sur place tandis que mes membres inférieurs continuent leur course. Ces jambes ne sont plus les miennes. Elles ne sont plus que deux instruments externes à mon anatomie qui se déroulent mécaniquement pour m’amener vers le point d’arrivée. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour pouvoir faire totale abstraction de la difficulté de l’effort éprouvée.

C’est seulement quand je suis parvenue au bout du parcours, que ma tête se remplit à nouveau de tout ce qui la constitue habituellement. A cela vient toujours s’ajouter un sentiment de satisfaction voire de fierté, d’avoir parcouru un peu plus de chemin que la fois précédente. Mes jambes se reconnectent alors au reste de mon corps et l’épuisement jaillit sans plus attendre. Je lui laisse libre cours car je sais qu’ensuite la plénitude prendra sa place.