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Seuls les enfants savent aimer

cali

Bonsoir les Amis,

Je viens de découvrir le chanteur Cali avec de nouveaux yeux. Je porte désormais sur lui un nouveau regard. Cet homme raconte dans son livre Seuls les enfants savent aimer, comment âgé seulement de six ans il a été confronté à la mort de sa maman. Certainement l’une des pire tragédies qui puissent arriver à un si jeune enfant. Il décrit avec une plume d’une grande délicatesse, son infinie douleur, son manque incommensurable et la naissance d’une amitié profonde qui apaise quelque peu ses jours et ses nuits. Cette amitié devient addictive. Sa vie même en dépend. Il met en elle tout l’amour qu’il porte à sa maman disparue et cherche à recevoir une équivalence en retour. Ce petit garçon est en perpétuelle quête d’amour et d’affection. Il tombe profondément amoureux, comme on peut l’être à six ans. Parallèlement à ce besoin, il se sent complètement impuissant face à la détresse de son papa. Il assiste à son déclin sans pouvoir l’aider. Son petit papa qu’il aime tant. Les rares fois où il parvient à ressentir un moment de bonheur, le jeune garçon culpabilise et pose sans cesse la question suivante :

« Ai-je le droit d’être si heureux, maman ? »

Toute l’histoire se déroule sur quelques mois au milieu des années 70. J’ai grandi durant ces mêmes années quasiment au même âge. L’environnement qui est décrit ne m’est donc pas totalement étranger. J’y ai retrouvé d’infimes détails, des éléments qui ont résonné en moi, qui ont réveillé des souvenirs d’enfance. Par chance plus heureux. Il a ainsi entendu chanter Annie Cordy, il a appris la magie grâce à Gérard Majax, il portait ses sous-pull, les filles jouaient à l’élastique…

« Seuls les enfants savent aimer.
Seuls les enfants aperçoivent l’amour au loin, qui arrive de toute sa lenteur, de toute sa douceur, pour venir nous consumer.
Seuls les enfants embrassent le désespoir vertigineux de la solitude quand l’amour s’en va.
Seuls les enfants meurent d’amour.
Seuls les enfants jouent leur cœur à chaque instant, à chaque souffle.
À chaque seconde le cœur d’un enfant explose.
Tu me manques à crever, maman.
Jusqu’à quand vas-tu mourir ? »

Cali a su nous dévoiler ses blessures profondes avec une plume fine et poétique, du prisme de l’enfant qu’il était. J’ai trouvé cet ouvrage extrêmement touchant.

Bonne lecture les Amis.

Existe en ebook :

https://e-librairie.e-leclerc.com/ebook/9782749156392/seuls-les-enfants-savent-aimer-cali

Ou en version papier :

https://www.culture.leclerc/pageRechercheq=Seuls%20les%20enfants%20savent%20aimer&univers=all

Avis de lecture

L’ENFANT QUI : magnifique texte

LENFANT QUI

Je vous présente encore une fois, un bel ouvrage qui évoque l’enfance. N’y voyez pas de raisons particulières, c’est juste le hasard de mes lectures, de mes découvertes, de mes rencontres. Jeanne Benameur, l’auteure que je n’avais jamais lue, m’a été conseillée par une femme qui m’est chère et qui au fil du temps est devenue  mon guide littéraire. Sans en avoir conscience, elle m’a aidé à trouver la clé qui a ouvert mon esprit à une culture plus large.

Revenons à L’enfant qui. Il s’agit là d’un très beau texte, poétique, et qui dégage une atmosphère. J’aime les livres à atmosphère, ils me permettent de réellement entrer dans l’univers des personnages. Tout y est palpable. Je ne me contente pas de m’identifier à eux, je ne suis pas avec eux, je suis Eux. En lisant. Trois personnages, l’enfant, le père, la grand-mère. L’enfant qui apprend à vivre avec l’absence de sa mère, une femme différente de celles du village dans lequel il grandit. Il en garde des souvenirs sensoriels extrêmement forts, puissants. Son imaginaire très présent l’aide à grandir et surmonter ce manque d’elle. Le père qui néglige son fils tant il lui rappelle la mère disparue, sa femme bohème, rejetée de tous, hors normes dans ce milieu rural hors du temps. Il doit maîtriser à la fois la colère qu’il a contre elle et le désir d’elle qui l’obsède encore. Puis la grand-mère paternelle qui protège et aime l’enfant, après avoir exclu sa mère de la famille. La grand-mère qui a elle-même vécu une atrocité qu’on tait dans ce milieu, dans cette époque qu’on ne connaît pas.

La notion de temps n’est pas clairement identifiée dans ce livre, on devine plus qu’on ne constate l’époque dans laquelle se déroule l’histoire. Cela n’a guère d’importance, seule la puissance des sentiments est essentielle ici.

Je n’ai ni ri, ni souri, ni pleuré, j’ai simplement apprécié la justesse de chaque mot. J’aurais voulu pouvoir les imprimer en moi. En voici un petit extrait que j’ai particulièrement trouvé beau.

« Les mains ouvertes des mères sont des livres d’images.

Et l’enfant apprend le souci de la vie qui se perd. »

Création

CAFÉ MOULU : souvenir d’enfance

Je sais tout juste lire mais je ne suis pas encore suffisamment grande. Je suis donc obligée de monter debout sur une chaise pour atteindre le plan de travail. La cuisine est propre, agrémentée de petits carreaux de faïence marron. Maman est avec moi. Ou je suis avec elle. Elle me prend vraiment au sérieux car pour la première fois elle me confie la lourde de tâche de moudre les grains de café. J’en rêve depuis si longtemps. Je trépigne d’impatience. Je dois faire très attention à mes doigts, me dit-elle. La lame du moulin électrique peut être dangereuse. Le moulin est petit, blanc avec des fleurs, quant au couvercle il est transparent, tout marron, presque noir, taché de café.

Je réussis à mettre les grains dans le bocal sans trop déborder. Juste un peu. J’ai le droit de prendre un grain et le croquer. J’adore ce goût un peu amer. Ma langue est toute noire. Mes lèvres aussi. Ensuite je m’applique à poser le couvercle puis j’appuie de toutes mes forces. Je suis sur la pointe des pieds pour avoir plus de poids. J’adore le bruit des grains qui se brisent à l’intérieur. Je sourie en levant les yeux vers maman. Elle aussi. L’appareil tremble entre mes mains presque trop petites.  Je dois bien tenir le moulin car les grains cherchent à s’échapper. Comme s’ils avaient peur d’être broyés. Ils deviennent alors poudre noire. Je trouve que ça sent très bon. Dans toute la pièce et même celle d’à côté. Le salon. Maman m’aide à vider le café moulu dans un bocal transparent au couvercle rouge. Voilà. Ça prend un peu de temps me dit-elle, mais c’est moins cher que d’acheter le café déjà moulu. Avant qu’elle ne range tout, j’attrape quelques grains que je cache dans ma poche. Pour plus tard…

rentrée littéraire 2017

NEVERLAND : à paraître chez L’Iconoclaste

 

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Timothée de Fombelle, dramaturge et un des plus grands romanciers contemporains en littérature jeunesse (Tobie Lolness, Vango, Le livre de Perle) écrit pour la première fois dans la catégorie adulte. Ce premier pas dans cet univers sera, je le présume, un grand succès.

Neverland est un texte poétique sur l’enfance perdue. Elle devient un personnage réel, vivant, fort et complexe à la fois. Ce livre m’a fait voyager et remonter le temps, a ravivé en moi des souvenirs, des sensations de déjà ressenti.

Neverland est à lui seul une atmosphère, il répand une odeur de vécu insaisissable…

Un grand merci à Audrey Siourd des éditions L’Iconoclaste de m’avoir présenté Timothée.

https://www.editions-iconoclaste.fr/app/uploads/2017/05/ARGU_Presse_Neverland_web.pdf