billet d'humeur

Quand la nuit est inspirante

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Bonsoir les Amis,

Là nuit est là et le froid pique juste un peu. Suffisamment pour rendre mon nez rouge mais pas assez pour engourdir mes mâchoires. Les mains profondément enfouies dans mes poches et mon cou enlacé par une grosse écharpe, je suis parée. J’arpente la rue, le nez au vent et les yeux  un peu froncés pour abriter mes pupilles de son souffle. Ma tête est pleine et légère, mes jambes bien décidées à me mener là où je l’ignore encore. Ma marche dynamique fait circuler mon sang dans tout mon corps. Tant qu’il est chaud, je ne réfléchis pas, j’avance sur le quai de Montebello. À ma gauche, la voie de circulation peu encombrée vue l’heure tardive, à ma droite Notre Dame. Grande et belle. Son parvis attire toujours autant de monde. Des badauds, des amoureux, des solitaires.

Qui a déclaré que Paris by night était un cliché ? Cliché ou pas, Paris de jour comme de nuit est magnifique. Il est vrai qu’au plus profond de la nuit, elle revêt une parure étincelante dont je ne me lasse pas. Mes paupières se lèvent, mes yeux s’écarquillent comme si je voyais cet endroit pour la première fois. Mes poumons prennent de l’amplitude non pas pour la qualité de l’air mais pour faire entrer en moi toutes ces sensations de bien-être que je ressens. J’ingurgite pour mieux restituer ensuite par écrit.(Depuis un taxi !).

Bonne nuit chers Amis.

 

 

Création

La nuit s’est abattue subitement

NUIT

La nuit s’est abattue subitement.

Tu ne l’as pas vue arriver. Pourtant tu es dehors. Tu devais avoir l’esprit occupé. Le nez dans un livre. Elle est désormais face à toi, derrière toi, autour de toi. Elle t’enveloppe toute entière. Tu fais partie d’elle. Elle t’a engloutie sans peine. Tu lui appartiens, deviens sa chose. Elle t’emporte avec elle. Pour quelque temps seulement. Puis elle s’épaissie. Elle est d’un noir absolu, profond. Comme une robe du soir. Seuls quelques points lumineux tels des petits lampions apparaissent et permettent de se repérer dans l’espace. D’y mettre des curseurs. Des constellations sur la voûte céleste. Des escales auxquelles tes yeux peuvent se raccrocher avant de faire un bon de l’une à l’autre. Tu peux y reprendre ton souffle. Certaines étoiles scintillent plus que d’autres. Elles t’attirent vivement. Ton regard s’y accroche avec force. Elles clignotent comme si elles te lançaient des œillades audacieuses et dans tes pupilles leurs reflets ondoyant peuvent se lire. Dans quelques heures cette nuit s’achèvera. Son obscurité disparaîtra doucement laissant place à la lumière du jour.

La nuit est éphémère mais aussi récurrente et éternelle.

Je vous souhaite les prochaines douces et belles chers Amis !

Création

Écriture nocturne

 

 

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Bonjour les Amis,

J’aime tant noircir mon écran la nuit. Quand elle est noire, épaisse et impénétrable. Alors que la maison est endormie. Encore engourdie de silence, vide de paroles et de bruits domestiques. Seul le vent dehors devient le ronronnement de la demeure. Seul ce vent caressant la toiture et les fenêtres me rappelle que la vie est toujours là. La vie comme un fil au bout de mes doigts qui courent sur le clavier. La vie dans mon imaginaire qui invente des histoires à n’en plus finir. Mes doigts font du sport. Ils se dégourdissent  autant qu’ils et se crispent sur le clavier pour y déposer mes pensées les plus folles.

Vers cinq heures, j’observe la nuit s’évaporer et je perçois poindre le jour. Il s’infiltre dans mon salon par tous les pores avec à la fois douceur et autorité, sans y avoir été invité. Il s’impose et s’étale dans toutes les pièces laissant sur son passage une lumière ambrée teintée de rose. Mon écran est noirci de mots que j’espère bien choisis pour devenir un texte fluide.

Au petit matin, la maisonnée s’éveille avec ses bruissements croissant. Un parquet qui craque, une porte qui grince, un café qui coule, une tartine qui s’échappe du grille-pain. Et je suis toujours là. Fatiguée. Apaisée. Satisfaite et centrée.