inspiration

Une nuit de décembre à Paris

IMG_1585 (1)

Bonsoir chers Amis,

Toutes ces lumières, tous ces éclats, toutes ces brillances font pétiller nos yeux. Même fermés ils ne sont plus étanches. Les paupières sont trop fines pour résister à ces scintillements. Nous redevenons enfants. A quelques jours de Noël, la nuit à Paris devient presque le jour. Les rues sont illuminées, les bâtiments habillés de strass. Tout clignote. Tout vibre. Tout bat. Tout vit. On dirait un cœur battant hors d’un corps. On ne se lasse pas d’observer ces étincelles colorées, d’admirer ces étoiles vivantes. Elles jettent leurs reflets dans les flaques sur la chaussée. Alors sur le sol, on peut voir le ciel. Les deux se mélangent, se retournent et s’inversent. On marche sur la tête, les pieds dans les étoiles. Parfois même des faisceaux partent de la terre vers le ciel ou le contraire, comme un trait d’union permanent entre les deux. Pour ne jamais oublier que l’un ne peut exister sans l’autre.

inspiration

République, Paris

republique

Je suis dans un taxi parisien. Propre. Avec un chauffeur, indien me semble-t-il. Aimable. Peu loquace. Habillé classe. Classe mais laid. Son costume couleur rosâtre légèrement chiné est… étonnant. Je crois que c’est le bon terme. En tout cas je n’en trouve pas d’autre. Il n’en n’existe pas d’autre pour cette tenue. Intérieurement je souris. Extérieurement peut-être aussi, légèrement. Dehors il fait beau. Doux. Comme une jolie fin d’été. Nous quittons la place de la République pour nous diriger vers le neuvième arrondissement. Traversons le boulevard Saint Martin. La circulation est fluide. Je me sens bien. À l’arrière du véhicule je lis. Un roman qui vient juste de sortir. « Le livre que je ne voulais pas écrire » de Erwan Larher. C’est son cinquième roman. Celui-ci évoque sa présence au Bataclan un certain 13 novembre. Dans le taxi, en sourdine, Jazz Radio. La musique s’immisce dans mes oreilles. Dans ma tête. Je lève les yeux de mon livre. L’auteur y raconte sa passion pour la musique. Le Rock. Moi aussi j’aime beaucoup. Mais en cet instant c’est plutôt jazz. J’apprécie aussi. J’observe la rue. Sa vie. Ses passants. Tout est calme dans cette voiture. Un tel contraste avec ma lecture du moment. Page 18, l’auteur aussi traverse République. Comme moi. Puis la rue Faubourg du Temple. J’en étais à deux pas il y a encore quelques minutes. Ce parallèle à quarante-six mois d’intervalle m’interpelle. Me laisse songeuse. Me touche. Lire sur les lieux du crime. Des crimes…

La vie joue son rôle. Elle a continué. Il y était. Pas moi. Je vais terminer ma lecture. Et je vous raconterai ce que j’en pense très vite.

A bientôt et bonne soirée les Amis.