Alphabet

N comme nature

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Bonsoir les Amis,

Voici venu le temps d’aborder la lettre N. Au départ, je me sentais peu inspirée, j’ai donc failli juste vous écrire NON. Comme : non je ne souhaite pas écrire aujourd’hui. Or ma nature profonde a ressurgi. Celle qui me pousse à tenir mes promesses. Celle qui aime tant me laisser écrire, toujours plus. Chaque jour. Jamais un jour sans…

Elle est là devant moi, étendue à mes pieds, autour de moi, au-dessus de moi. Ou n’est-ce pas plutôt moi qui suis à ses pieds ? Elle est là, partout, elle me happe. Or il m’arrive parfois de ne pas la remarquer, de la négliger, peut-être même de l’égratigner un peu.

La Nature. Celle qui me survivra. Qui nous survivra tous. D’où je vous écris en ce moment, elle est de couleur verte, silencieuse. Malgré tout je perçois ses mots muets, indicibles. Dans le bruissement léger des grands arbres qui forment une ronde autour de moi, je crois entendre le message suivant :

Respecte moi.

Cette nature, je la vois m’observer tandis que je noircis les pages de mon carnet pour partager ce moment avec vous. Elle me lance des œillades par les ombres qu’elle fait passer sur moi. Comme pour me rappeler qu’elle existe bien, qu’elle est toujours présente et plus forte que tout. C’est elle seule qui domine. Je me plie à son exigence. J’écris en silence, enfin presque, avec juste un fond de Tchaikovsky et sa Valse des fleurs dans les oreilles, cette musique se prête tant à ce texte et ce contexte d’écriture en extérieur… Cette nature, je la raconte, je témoigne de sa présence immense et puissante. J’en profite pour la respirer à pleins poumons. Je m’imprègne d’elle, je m’emplis d’elle. Je l’enregistre visuellement. Elle m’apaise.

Ainsi grâce à elle, je prends aussi conscience de ma propre nature. Celle profondément enfouie en moi. Celle qu’il ne faut pas négliger non plus. Celle que chacun d’entre nous doit écouter et respecter également.

Les attentes sont donc communes.

Ne jamais rien faire contre nature

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M comme Mot

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Bonsoir les Amis,

La lettre M m’évoque immédiatement Mot.

Le mot est un des premiers indicateurs d’évolution dans notre vie. Vers l’âge d’un an environ, chaque enfant prononce son premier mot. De manière souvent chaotique mais avec beaucoup de fierté, surtout pour son entourage. Pourquoi accorder autant d’importance au fait que ce premier mot, toujours difficilement articulé, soit  Maman plutôt que Papa, ou l’inverse ? Ce qui signifie bien que dès le plus jeune âge, on associe, évalue, mesure les sentiments au travers des mots. On en oublierait presque les efforts de l’enfant sans doute incommensurables, pour parvenir à cet exploit : évacuer de sa petite bouche un son sensé et compréhensible.

Quand j’observe les lettres tricotées, entremêlées, je vois se former une dentelle de mots.  Ces mots eux-mêmes assemblés deviennent des phrases qui juxtaposées constituent des histoires. Des histoires de vies. Ces mots peuvent être doux comme la soie, moelleux comme l’ouate, délicats à l’oreille ou tels une caresse à l’âme. Ils peuvent être encourageant, empreints de fierté ou d’admiration. Cependant ils peuvent aussi prendre parfois l’aspect de lames. Blessantes, coupantes, perçantes. Ces mots cruels qui broient, réduisent en miettes et anéantissent.

Les mots peuvent être ronds et généreux comme froids et secs. Ils revêtent différents costumes. Selon comme ils sont utilisés les mots peuvent être chargés de sens dissemblables et alors ils deviennent interprétables. Et pourtant, chacun d’entre eux possède une musicalité propre et unique.

Chaque mot a une importance fondamentale, une signification, un rôle. Un mot à la place d’un autre et le monde peut s’écrouler. Un mot maladroit ou mal employé, un mot de trop ou de moins peut tout faire chavirer. Parfois, il existe un avant et un après ce mot. Imaginez ce bref instant où l’on sent que tout bascule. Avec un seul mot parfois. Ce mot qui émane de vous ou celui qui vous est adressé. Ce mot cinglant ou tendre. Ce mot qui transformera votre vie. Qui vous changera. Celui qui fera que vous ne serez plus jamais la même personne qu’à la minute précédente. Parce que désormais vous savez ou avez révélé. 

Parfois les mots sont difficiles à exprimer ou à entendre. Ils semblent trébucher dans la bouche ou dans l’oreille. Parfois on les entend sans les écouter. Parfois on les écoute sans les comprendre. Ils s’immiscent malgré tout en nous. Parfois on ne les dit pas. Parfois simplement ils manquent.

Puis parfois on les retrouve et ils finissent par surgir.

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J comme Jubilatoire

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Bonjour les Amis,

Cette lettre J m’a longuement fait cogiter. Depuis quelques jours, plusieurs mots jonchaient mes pensées comme des objets posés là en désordre. J’ai jonglé avec certains, joué avec d’autres, mais rien de judicieux n’apparaissait au grand jour. Jusqu’à ce que l’un d’entre eux finisse par jaillir et se jucher au plus haut niveau de mon mille-feuilles d’idées. Tel un joyau que j’ai juste eu envie de vous présenter. Comme s’il voulait poser ses jalons dans mon jardin secret. Il était plus réjouissant que les autres. Il m’a mise en joie. J’ai donc jugé bon d’arrêter mon choix sur lui. Je le jette alors joliment sur le papier.

Jubilatoire.

De grands événements comme de petits actes du quotidien peuvent provoquer de la jubilation, de la joie. Une musique, une rencontre, un regard, un sourire, une prouesse, une parole, un mot, un échange, l’amour, une lecture, un paysage, un projet, et tant d’autres choses sont jubilatoires. Les cinq sens peuvent déjà le devenir. Comme la vie doit être triste pour ceux qui ne ressentent jamais cette satisfaction jouissive ! Alors que c’est l’essence même pour effleurer le bonheur. J’aimerais que chaque instant, chaque action, chaque pensée soit jubilatoire. A défaut d’y parvenir absolument, j’essaie de plus en plus souvent de tendre vers cette sensation de jubilation. Elle procure tant d’allégresse et de sérénité mêlées d’exaltation qu’elle emplit entièrement l’esprit et le corps. Elle envahit l’espace et dégouline tant dedans que dehors. Elle parvient même à se répandre sur tous ceux qui sont autour. Elle est contagieuse. Une vraie vague qui emporte tout sur son passage. Une vraie joie.

Puissiez vous tous, chers Amis, éprouver cette jubilation… J’en jubile d’avance !

Bon dimanche à tous.

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D comme détermination

determinationBonsoir les Amis,

La lettre D m’a demandé un délai supplémentaire pour déclencher en moi l’inspiration. Voilà pourquoi j’ai dépassé la date du 15 du deuxième mois de l’année comme je l’avais dit. Dommage. Je ne parvenais pas à décider quel mot choisir commençant par cette délicate lettre D. J’ai réfléchi, cherché, douté, délibéré, discuté, dialogué, même ouvert mon dictionnaire dont je me détache rarement.

Ne pas trouver ce fameux mot me décevait, me déconcertait, me déprimait presque. J’étais prise au dépourvu par ce manque d’idées. Un vrai désert ! Dieu que c’était difficile… Cet état me dépassait complètement. Je me sentais dépitée, c’était très désagréable alors que ça ne dépendait que de moi. Je me sentais en désaccord avec ce désir de rendre cette chronique et vous m’en voyez désolée. Tant de mots se déclinaient devant moi ! un vrai désordre. J’aurais pu tous les déposer sur une feuille pour en faire un dessin diffus or ce n’était pas la destinée que j’avais décidé pour ces derniers. C’était délicat comme décision.

J’ai déliré parfois même avec délice. Puis soudain, en toute discrétion le doute s’est dissipé, il a pris ses distances pour disparaître totalement.

Et je l’ai découvert distinctement. Ce mot. Je me suis enfin décidé pour l’un d’entre eux qui se détachait du lot. Il se distinguait parmi tous les autres. Je l’ai déposé sur mon cahier, l’ai touché délicatement du bout du doigt pour vérifier son degré de légitimité, sa dimension. C’est comme si il se dressait parmi les dix autres dont je devinais le doux désir de devenir les dominants. Le dénouement est proche.

Je le déclare donc sans détour, ce sera : Détermination

J’en ai fait preuve sur ce délicat dossier, et j’espère que ce mot ne vous déplaît pas !

 

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Nouveauté 2018 : l’alphabet revisité en 52 semaines

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Bonsoir les Amis,

J’ai une idée à vous soumettre. L’année compte 52 semaines. L’alphabet 26 lettres. Et si je vous parlais d’un mot commençant par A pour terminer par Z du 1er janvier au 31 décembre 2018 ? Le rythme serait d’un mot/un texte, les 1er et 15 de chaque mois. Vous me suivez ? L’idée étant de vous proposer des petits textes très courts sous forme de rendez-vous bimensuels. Une parenthèse qui sera soit humoristique, touchante, caustique, descriptive ou qui prendra tout autre forme selon les mots choisis ou mon inspiration du jour.

A suivre donc dès ce soir dans une prochaine chronique avec la lettre A… Exceptionnellement nous débuterons le 2 janvier.

Bonne lecture chers Amis.