Création

La nuit s’est abattue subitement

NUIT

La nuit s’est abattue subitement.

Tu ne l’as pas vue arriver. Pourtant tu es dehors. Tu devais avoir l’esprit occupé. Le nez dans un livre. Elle est désormais face à toi, derrière toi, autour de toi. Elle t’enveloppe toute entière. Tu fais partie d’elle. Elle t’a engloutie sans peine. Tu lui appartiens, deviens sa chose. Elle t’emporte avec elle. Pour quelque temps seulement. Puis elle s’épaissie. Elle est d’un noir absolu, profond. Comme une robe du soir. Seuls quelques points lumineux tels des petits lampions apparaissent et permettent de se repérer dans l’espace. D’y mettre des curseurs. Des constellations sur la voûte céleste. Des escales auxquelles tes yeux peuvent se raccrocher avant de faire un bon de l’une à l’autre. Tu peux y reprendre ton souffle. Certaines étoiles scintillent plus que d’autres. Elles t’attirent vivement. Ton regard s’y accroche avec force. Elles clignotent comme si elles te lançaient des œillades audacieuses et dans tes pupilles leurs reflets ondoyant peuvent se lire. Dans quelques heures cette nuit s’achèvera. Son obscurité disparaîtra doucement laissant place à la lumière du jour.

La nuit est éphémère mais aussi récurrente et éternelle.

Je vous souhaite les prochaines douces et belles chers Amis !

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Elle jaillit soudainement

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Bonsoir les Amis,

Récemment, je vous ai parlé de la furieuse envie d’écrire. Aujourd’hui je vais vous parler de la suite. Celle qui surgit par surprise. Celle qui m’assaille de temps à autre et me provoque en arrivant sans préavis. N’importe où. N’importe quand. Dans n’importe quelle circonstance. Dans la rue. Au restaurant. En vacances. Au travail. A moto. En courant. Dans la nature. En ville. Seule. Accompagnée. En musique. Ou pas. En avion. En voiture… Dans ma vie quotidienne, elle s’impose à moi. Contrairement à l’envie d’écrire, elle ne se loge pas en douceur pour s’installer et prendre possession des lieux, possession de moi. Quand elle pointe le bout de son nez, elle est aussitôt violente, impulsive, surprenante, inattendue, incontrôlable.

Elle prend alors n’importe quelle apparence. Celle d’un homme portant un chapeau. Celle d’une fillette. Celle d’un groupe. Celle d’un vieux randonneur. Celle d’une amie. Celle de la nature qui m’entoure. D’une chevelure bouclée. D’un sourire. D’un regard. D’une voix. D’une mélodie. D’un lieu. D’un bruit ou d’un silence. D’une couleur. D’une odeur. D’un toucher. D’un met. Que sais-je encore ? Elle peut être n’importe qui, n’importe quoi, n’importe où, n’importe quand… Elle est inexplicable. N’a aucun sens logique. Rien de cartésien. Rien de compréhensible. Aucune évidence. Mais énormément d’intérêt. L’inspiration.

Quand elle me saisit, je ne suis plus où je suis censée être. Je ne suis plus attentive à ce qui m’entoure. Je suis ailleurs. Obsédée par elle. Je suis partie. Je ne sais pas très bien où, en revanche je sais que je finirai par atterrir. Quelque part. Dans une nouvelle histoire ou dans la suite d’une existante. J’adore être sa victime et assister à la naissance d’un nouveau personnage. Ou d’un nouveau passage. D’un nouvel épisode. D’une nouvelle tranche de vie. Je ne maîtrise alors plus rien. Seul le phénomène déclencheur à son insu prend le contrôle sur mon esprit. Et alors :

Je ne réfléchis plus je compose.

Je ne pense plus je rédige.

Je ne vois plus je regarde.

Je n’entends plus j’écoute.

J’aimerais tant un jour que tous ceux qui m’ont inspirée à un moment donné puissent non seulement le savoir mais être réunis tous ensemble. Nous serions alors très nombreux, dans plein d’endroits différents, habillés de toutes les couleurs, diffusant dans notre sillage toutes sortes d’odeur. Nous partagerions tellement.

Bonne fin de soirée les Amis

 

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Aujourd’hui, je suis allée au paradis

 

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Aujourd’hui, je suis allée au paradis.

A défaut d’être LE paradis universel, celui dont on nous parle depuis la nuit des temps, affublé des images qu’on lui associe tous, c’était MON paradis. Le mien. De ce jour uniquement. Demain sera autre.

Mon paradis a commencé par prendre la forme d’une route sinueuse de Corse. Dans la montagne, à travers une forêt. Une petite voie cabossée par les années, par les écarts de température excessifs d’une saison à l’autre, et surtout par le manque d’égards et de soins prodigués. Les bosses et ornières qui la parsemaient, obligeaient la moto sur laquelle j’étais passagère à faire de nombreux zigzags.

Tous mes sens étaient en éveil. A chaque courbe que prenait la moto, mes pupilles se dilataient un peu plus devant la beauté du panorama. Derrière chaque virage, apparaissait un nouveau décor qui faisait écarquiller toujours plus mes yeux. La montagne jouait la fière devant moi. Elle se dressait haute et droite, me toisait, immobile et stoïque. Elle se voulait grande et reine. Seuls les arbres qui la paraient étaient fantaisistes. Leurs espèces étaient variées. Leurs couleurs fluctuaient selon que le soleil était niché ou non dans leurs bras feuillus. Selon comme la brise les chahutait. Leurs reflets passaient du vert au gris, sans prévenir.

Tandis que mon visage et mes bras se laissaient effleurer par le vent chaud et ouaté, mon nez se chargeait de l’odeur de bois douce et réconfortante qui flottait dans l’air. Je respirais à pleins poumons pour emmagasiner un maximum de cet effluve. Pour l’ancrer en moi.

Au détour d’un énième virage qui permettait à la moto de me bercer, il est apparu. Le refuge de montagne. Celui dans lequel nous allions pouvoir nous restaurer. Au milieu des arbres. Mon paradis a alors revêtu une nouvelle apparence. Quelques tables et bancs de bois disséminés ici et là près d’une petite cabane. Des émanations de feu de bois et de viande grillée ont pris possession de mes narines. Je les ai laissées s’infiltrer avec délectation. Mes oreilles quant à elles, étaient attentives tant au crépitement des flammes qu’au bruit de l’eau qui se déversait sans discontinuer dans la fontaine de pierre.

Pas de carte. Pas de menu. Un choix très restreint. Il n’en faut pas plus au paradis. Fromage et charcuterie corse, salade ou entrecôte grillée. Avec mon bien-aimé nous avons opté pour la dernière proposition. Il faut dire que notre odorat était particulièrement stimulé en ce sens. Autour de nous pas plus de vingt personnes. Motards, cyclistes, marcheurs. Chacun était respectueux du calme époustouflant du lieu tout comme de la beauté du paysage. Comme si un éclat de voix avait pu tout faire disparaître instantanément, dans un souffle, briser la magie du site. Sans parler de l’accueil des hôtes, empreint d’une générosité simple.

Au retour, un nouveau parfum a croisé notre chemin. Celui-ci je l’adore. Il me parle parfois, m’inspire souvent, me subjugue toujours. Il me manque même quand je reste longtemps sans le sentir. Le parfum du maquis. Si particulier. Une senteur légèrement poivrée et épicée. Chaude comme la lettre A de maquis, piquante comme son I. le paysage avait changé, nous n’étions plus dans les sous-bois. La vue était complètement dégagée. La terre semblait plus aride. Les pierres étaient parfois à vif, à découvert, mises à nu.

 Je ne peux pas affirmer n’avoir jamais rien vu de plus beau. Non. C’est certain. Ce n’était pas paradisiaque. Cependant ces instants que j’ai vécus en cet endroit étaient envoûtants. Des moments dégoulinant de sérénité, de bien-être. J’étais apaisée. J’ai aimé. J’ai gravé en moi.

C’était mon paradis à moi. Mon paradis du jour.

Un paradis simple, sobre, humble.

billet d'humeur

Promesse

matin ordi

Bonjour les Amis

Le soleil, la mer, la fraîcheur du matin… quels clichés ! cependant ces éléments et surtout le calme m’inspirent pour vous concocter quelques petits textes et avis de lecture pour le week-end. J’en ai quelques uns au fond de mon ventre et d’autres bien cachés dans mon petit crâne qui n’ont tout à coup plus beaucoup de place. Ils ne demandent qu’à s’échapper, il ne me reste donc plus qu’à les mettre en forme, leur donner une jolie allure pour qu’ils vous soient présentables. A bientôt donc et en attendant, belle journée à tous !