Avis de lecture

La femme qui ne vieillissait pas : seule la jeunesse éphémère est précieuse…

delacourt

Bonjour les Amis,

Qui d’entre vous aimerait ne pas vieillir physiquement ? Je suis certaine qu’instinctivement vous seriez nombreux à jubiler rien qu’en l’imaginant. Et bien moi, non. Pas envie. Cette idée ne me fait pas particulièrement vibrer. En tous cas moins que le regard que l’être aimé qui partage ma vie porte sur moi. Tant que ses yeux brilleront en décryptant ma vie entière écrite sur mon visage et dans les petits sillons qui s’y sont confortablement installés, rien ne me fera changer d’avis. Il peut y lire tant qu’il le souhaite mes douleurs et mes joies, et je le laisse faire avec délectation ! L’essentiel est de traverser ce temps ensemble sans tenir compte des métamorphoses.

C’est aussi ce dont aurait rêvé Betty (ex Martine), l’héroïne. La femme qui ne vieillissait pas.

« À quarante-sept ans, je n’avais toujours aucune ride du lion, du front, aucune patte d’oie ni ride du sillon nasogénien, d’amertume ou du décolleté; aucun cheveu blanc, aucune cerne; j’avais trente ans, désespérément. »

C’est un roman qui aborde une thématique originale et contemporaine. Un phénomène très présent dans notre société actuelle. La jeunesse éternelle ou comment ne pas vieillir. Cependant, il est abordé ici sous un angle complètement opposé à ce qu’on a l’habitude d’entendre, de voir ou de lire. Betty ne vieillit pas, elle a trente ans pour longtemps sans l’avoir décidé. Et surtout en conservant sa fraîcheur et sa beauté naturelles. Elle n’a aucun recours au savoir faire d’un chirurgien esthétique, contrairement à sa meilleure amie. Elle n’a pas la faiblesse de croire que des mains expertes pouvent être magiciennes. Elle n’en a pas besoin surtout. Elle reste jeune sans que la superficialité ne s’inscrive avec vulgarité sur son visage.

En revanche, la cohabitation de cet état avec son entourage s’avère de plus en plus difficile et douloureuse. Grégoire Delacourt décrit parfaitement toutes les contraintes liées à cette jeunesse éternelle. J’aime beaucoup également sa manière de présenter des pans de vie juste par de menus détails. L’auteur en évoquant une coupe de cheveux, une forme de pantalon, un tube musical ou la mort d’un artiste permet au lecteur de se situer dans le temps. Il réalise cette prouesse avec beaucoup de douceur et de poésie. Je me suis littéralement laissée bercée et portée par son écriture fluide et féminine.

Ce livre est une véritable ode à l’amour. Ce véritable amour qui parfois trébuche mais jamais ne faiblit. Cet amour niché au creux du ventre pour l’éternité tel un cœur battant.

Bonne lecture chers Amis !

https://www.culture.leclerc/livre-u/litterature-u/romans-u/litterature-francaise-u/la-femme-qui-ne-vieillissait-pas-9782709661836-pr

Existe aussi en ebook :

https://e-librairie.e-leclerc.com/ebook/9782709662093/la-femme-qui-ne-vieillissait-pas-gregoire-delacourt

 

 

 

 

Avis de lecture·rentrée littéraire 2017

Point cardinal : un livre sur la tolérance et le courage

POINT CARDINAL

Je ne sais pas trop comment aborder ce livre que j’ai beaucoup aimé. Au départ je ne vous cache pas, chers Amis, que le sujet ne m’attirait pas particulièrement. Au-delà du manque d’intérêt que le sujet suscitait en moi, je craignais que ce  texte soit trop impudique, trop vulgaire pour moi. En deux mots, il s’agit d’une homme marié, heureux en ménage, semble-t-il, père de deux adolescents qui devient femme. La vie d’un transsexuel.

Généralement ce type de sujet que j’imagine trop lié à la sexualité me dérange. Or, l’écriture limpide et efficace de Léonor de Récondo a fini de dissiper mes doutes quant à l’intérêt du thème abordé ici. On assiste tout au long du livre, avec pudeur, à la transformation inéluctable d’un homme, mari et père, en femme. Il devient alors celle qu’il a toujours au fond de lui pensé ou su être. Cet homme vit réellement avec un mal-être profond que j’ai compris au fil de la lecture. Il se sent femme dans un corps d’homme qu’il ne supporte pas. Comment son épouse, ses enfants peuvent réagir face à cet état de fait ? Comment comprendre et savoir être à l’écoute de celui qu’on a aimé, et qu’on aime toujours malgré tout ? Que deviendra leur vie commune ? Comment faire comprendre à l’entourage qu’il ne s’agit ni d’une excentricité ni d’une maladie ? Comment se faire accepter ? Sans jugement, sans moquerie, sans mépris… Autant de questions abordées dans ce livre.

C’est un magnifique texte sur la tolérance, l’amour et le courage. Le courage d’assumer qui on est. Le courage de savoir prendre sa vie en main.

Ce que j’ai finalement beaucoup apprécié avec cet ouvrage, c’est le fait que peut-être certains de mes mauvais a priori se sont envolés. Je jugerai moins stupidement sans rien connaître du sujet. Peut-être, et sans doute même, que je poserai désormais un regard différent sur ces hommes et ces femmes. J’appréhenderai mieux la souffrance qui les torture, en leur point cardinal.

J’aime les livres étonnant qui ébranlent mes suppositions, croyances ou certitudes.

Je vous souhaite donc une très bonne lecture, chers Amis.

http://www.swediteur.com/titre.php?id=183

Existe aussi en ebook sur :

https://e-librairie.e-leclerc.com/ebook/9782848052687/point-cardinal-leonor-de-recondo

Coup de cœur·rentrée littéraire 2017

Femme à la mobylette

Chers Amis,femme à la mobylette

Je vous l’avais promis. Voilà mon coup de cœur de la semaine.

Reine. J’aurais pu supposer qu’avec un tel prénom, l’héroïne de ce livre eut un autre destin. Cependant le sien est plutôt terne. Reine, maman de trois enfants, peu coquette, sans famille, sans emploi, quittée par son mari, a une vie misérable. Jusqu’au jour où elle trouve une mobylette.

A partir de là, le cours de sa vie change. Elle redécouvre l’amour. La lumière qu’il apporte provoque en elle une étincelle d’espoir, une envie de croire au bonheur possible pour elle et ses enfants. J’aime l’atmosphère particulière de ce roman. A la fois tout en rêve et en réalité brutale. On ne sait à quelle période situer l’histoire. Plutôt contemporaine me semble-t-il, or rien ne l’évoque ni le précise. Aucune importance, j’aime cette part de mystère aussi.

Le livre débute par une scène épouvantable qui plante l’ambiance immédiatement. On y perçoit le désespoir et la misère humaine en quelques lignes qui donnent envie de découvrir les suivantes. Reine qui se sent humiliée par la vie, par les autres, par son manque de connaissances, possède une intelligence émotionnelle hors du commun. Elle la ressent de manière si intense parfois, qu’elle en est complètement décalée par rapport aux autres qui pourraient la prendre pour folle. Cette pauvre femme s’invente des mots qu’elle récite et auxquels elle se raccroche pour se créer son propre monde. Pour fuir la réalité. La folie qui rôde. Pour survivre. Car son pire ennemi est l’insignifiance. Terrible. Elle parvient à la combattre grâce à son nouvel amour et ses récitations.

« Désormais ils pourront faire face ensemble à la brutalité de ce monde qui ne dit jamais son nom et qu’ils subissent pourtant depuis tant d’années avec la même violence : l’insignifiance. »

Reine, cette femme fragile fait preuve d’un grande volonté et force de caractère. Voici un passage que j’affectionne particulièrement. Il me parle. Il décrit bien sa personnalité :

« il aime les points forts de sa mère, son courage, sa vivacité, son acharnement à vouloir transformer la réalité avec ses tissanderies, sa propension aussi à l’émerveillement tout en sachant que son comportement volontariste, cette violence qu’elle se fait subir à elle-même pour être à la hauteur, n’ont pour socle que son extrême fragilité. » 

Tout est dit là sur l’héroïne. Ouah !

L’écriture poétique, fine, et ciselée de Jean-Luc Seigle me touche. Il décortique avec finesse et pudeur les profondeurs de l’âme humaine. Il a réussi à me faire pénétrer dans l’univers quelque peu surréaliste de Reine. Et je m’y sentais bien.

J’adore ce que j’appelle :  » les livres à atmosphère« . Ils ne me laissent jamais indifférente et je m’en souviens longtemps. Je n’avais encore lu aucun livre de Jean-Luc Seigle mais suis bien décidée à découvrir d’autres ouvrages de cet auteur remarquable et remarqué.

Une parution de cette rentrée littéraire à ne pas manquer. Bonne lecture à tous !

http://editions.flammarion.com/Catalogue/hors-collection/litterature-francaise/femme-a-la-mobylette

Existe aussi en ebook sur : https://e-librairie.e-leclerc.com/ebook/9782081378698/femme-a-la-mobylette-jean-luc-seigle

Avis de lecture

Vous aimer : louange de l’amour et la beauté

VOUS AIMER PHOTO

Je vous l’avez promis ce matin, le voilà plus rapidement que prévu !

Vous aimer.  Un livre sur la beauté de la femme. Sur l’amour aussi.

Tout au long du livre, l’auteure, Caroline Bongrand nous livre le point de vue d’une femme amoureuse d’un autre homme que son mari. Ce dernier l’avait insidieusement détruite à force de reproches sur ce qu’elle était, ce qu’elle faisait ou ne faisait pas.

Le plus surprenant dans ce texte d’une grande finesse, est le vouvoiement entre ces deux êtres épris l’un de l’autre. J’y ai senti une forme de respect, et bien au-delà sans doute. J’y ai vu et perçu une extrême délicatesse des mots, de leurs paroles, de leurs gestes. On décèle une forme d’amour particulier et absolu. Cependant, une grande contradiction reste le fil conducteur de l’histoire. Quel amour l’emportera ? Celui porté à l’être chéri sans lequel ils ne peuvent pas même respirer ou celui de leurs familles qu’ils ne veulent blesser, détruire, anéantir ? Je pense qu’ils ont essayé de trouver une solution intermédiaire dénuée de culpabilité et de mensonge.

Jusqu’à la dernière page je ne parvenais pas à deviner l’issue de cette histoire romanesque.

Je recommande cet ouvrage à toutes celles et tous ceux amoureux des mots, amoureux de la vie. Une immense poésie se dégage de ces cent quarante pages qui se lisent d’une traite. Caroline Bongrand est l’auteure de nombreux ouvrages.

Dernier point personnel, j’adore la couverture qui est exactement à l’image du texte.

http://www.laffont.fr/site/vous_aimer_&100&9782221193242.html

Existe en version numérique et disponible sur : https://e-librairie.e-leclerc.com/search?words=vous+aimer

Coup de cœur

LA TRESSE : coup de coeur

colombani

Chers Amis,

Tout au long de ce texte délicat et subtil, je suis simultanément les parcours de vie de trois femmes que tout oppose. Tant leurs situations géographiques, leurs religions, leurs milieux sociaux, leurs familles, leurs relations aux autres que le pouvoir qu’exerce sur elles la combinaison de tous ces éléments.Et aussi paradoxal soit-il, leurs destins sont identiques dans le sens où elles se trouvent confrontées chacune en même temps à des difficultés de même ordre. Combats socio-professionnels, familiaux, amoureux, de santé, luttes contre le regard des autres, contre la mort. Ce que je retiens c’est l’ardeur violente déployée pour leurs survies respectives. Elles sont d’un courage incommensurable !

Ces trois femmes ne se connaissent aucunement, mais d’un continent à l’autre leurs destinées sont liées.

Cet ouvrage est une magnifique histoire de femmes, en revanche pas un roman uniquement pour les femmes. A mettre dans toutes les mains, de toutes les couleurs, de tous âges, de tous sexes!

J’ai dévoré, voyagé, adoré, recommandé…

http://www.grasset.fr/la-tresse-9782246813880