Épisode 1 : Agate Lecœur

Bonsoir les Amis,

Début de semaine, début d’histoire… Je vous partage et qui sait ? Une suite dans quelques jours, au fil de l’eau et des idées. 

[Épisode 1] ✍️D’une main Agate Lecoeur verrouille à double tour la porte d’entrée, de l’autre elle ôte les escarpins aux semelles rouges qui lui brûlent les pieds. La fraîcheur douce des lames de parquet les apaise. Dans un soupir de soulagement, elle traverse la pièce jusqu’à la cuisine ouverte, immaculée, en jetant son étole qui, dans un mouvement aérien, glisse sur le cuir lisse du canapé. L’épais tapis ivoire garde le passage de ses pieds nus. D’un geste lent, elle se sert un verre du vin blanc entamé la veille, puis sélectionne une playlist depuis l’application de son téléphone en se dirigeant vers les hautes fenêtres. La “Gnossienne Numéro 1” d’Erik Satie virevolte dans la pièce. La jeune femme sort sur le balcon et porte son verre à ses lèvres encore striées de carmin. Son regard saphir se perd parmi les lumières extérieures, rendant la nuit presque diurne. Elle aime admirer la vue. D’ici. La Seine à ses pieds. Les bruits urbains lui parviennent étouffés tandis que l’air frais qui caresse sa nuque la fait frissonner.

Ce soir, Agate était invitée au vernissage d’un jeune artiste peintre dont elle n’a apprécié ni l’œuvre ni le comportement. L’homme était exécrable tant par son égo démesuré que par le regard assoiffé qu’il posait sur sa silhouette. Son exaspération a atteint son paroxysme lorsque la main moite du peintre s’est posée sans son consentement, sur sa taille. Le frisson de dégoût qu’elle a ressenti à cet instant a dominé sa timidité et lui a donné le courage de le remettre à sa place – plutôt brutalement. Vexé, l’homme l’a ignorée le reste de la soirée en trouvant une autre proie. Plus flattée semblait-il.

Elle termine son vin d’une traite en jetant un dernier regard sur les terrasses chauffées qui se vident. Des hommes, des femmes s’éparpillent, d’autres s’unissent. Elle rentre, coupe la musique et file se glisser seule dans ses draps blancs. Le sommeil tarde à l’emporter. Roulée en boule autour de son oreiller, elle repense à Zack rencontré pour la première fois ce soir. L’écrivain américain sera à nouveau à Paris dans quelques semaines pour la promotion de son nouveau livre.

 Il suffirait peut-être d’en parler à Gabin…

À suivre.

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