
Elles sont posées l’une près de l’autre, à distance convenable. C’est-à-dire une distance qui laisse entre elles un vide, un jour, un espace. De circonstance.
Et pourtant. Un espace tremblant. Un espace troublé.
Il arrive qu’elles bougent. Déplacent de l’air. Provoquant un imperceptible souffle. Une caresse invisible et impalpable. Plus devinée que ressentie. Envoûtantes, elles se replacent avec une fausse candeur plus près de l’autre, chaque fois. Resserrant le creux prometteur. Celui dans lequel se glissent des possibles. Des lendemains taquins.
Au fil des deux voix qui les surplombent, du temps sectionné dans ces seuls instants vacillants, elles s’approchent et se frôlent. Créant un émoi. Une vibration.
Surprises, elles s’écartent subrepticement. Puis s’approchent à nouveau. Doucement. Comme aimantées. Comme une impossibilité à agir autrement. Elles grignotent la distance qui les sépare encore. Pas à pas. Doigt à doigt.
Alors dans une fulgurance, elles établissent un contact épidermique.
Elles s’accrochent, s’agrippent puis se font plus légères et jouent avec l’intensité de leur toucher.
Elles se découvrent se cherchent.
Se retournent se palpent.
S’observent et s’acclimatent. Température. Texture.
Elles s’apprécient charnellement. Se complètent.
Se mêlent se nouent.
Forment un tout.
Elle fusionnent. En harmonie.
Se sourient…
Une histoire d’épiderme. De rencontre.
Celle d’une main dans une autre.
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