L’anniversaire : l’histoire glaçante d’une rupture familiale

Bonjour les Amis,

Avec une acuité désarmante, Andrea Bajani donne à voir, dans son roman L’anniversaire, les dysfonctionnements délétères d’une cellule familiale sous la joute d’une empreinte patriarcale prégnante. D’une violence sourde, illustrée de quelques coups. Pour autant, la mère soumise n’a pas peur de son mari, à certains égards elle le domine aussi. Étrange attachement qui laisse perplexe et fragilise le fils du foyer. Où est donc sa place dans cette mécanique équivoque ? De quoi déstabiliser les fondations d’un jeune garçon en pleine construction qui se voit incapable de dissocier son père de sa mère. Ambiguïté toxique…

Les paroles paternelles sont souvent à elles seules, vénéneuses. Au point d’insidieusement dresser des remparts au sein du couple et avec les enfants. Quatre êtres dont les liens se délitent au fil du temps. Au fil des mots. 

Au fil de rien.

L’histoire impitoyable d’un homme qui, un jour, décide de cesser toute relation avec ses parents. Pas d’adresse, pas de téléphone. Pour fuir ? Se protéger ? Se révéler ? Sans doute pour toutes ces raisons à la fois et d’autres sous-jacentes encore… Cependant il n’est pas question ici d’amour ou de désamour. Mais de pardon à accorder ou non. De libération.

Une rupture salvatrice de dix années. Dix années lors desquelles il revit. Plus heureux que jamais. 

Dix années de détachement absolu. 

D’une précision implacable dans son écriture, Andrea Bajani dresse au scalpel le portrait glaçant d’une famille désunie, incomplète.

Détruite.

Ce roman a remporté le Prix Strega 2025, l’un des plus prestigieux d’Italie.

La littérature italienne, comme je l’aime souvent…

Laisser un commentaire

Retour en haut ↑