
Bonjour les Amis,
Je suis entrée dans ce livre par la fenêtre de la cuisine, puis quelques lignes plus loin, j’étais assise à table, face à Mimi, une grand-mère qui n’est plus et sa tarte aux pommes inachevée. J’ai observé les morceaux de pommes brunis et j’ai compris. J’ai compati.
Cette tarte aux pommes du mercredi qui rythme une vie, et qui en donne le clap de fin.
Il n’y aura plus de tarte. Restera une absence encombrante et indomptable. Une absence engluée dans le silence d’un grand-père et dans une colère adolescente.
Un vide sidéral où l’amour se lit dans des regards bienveillants, jeux de sourcils haussés et ceux des mains de marionnettistes.
Paulo, treize ans, dans une fulgurance redonne forme et vie à Mimi à travers la fabrication d’une marionnette. Une résurrection physique comme manière tendre d’aider son grand-père à surmonter ce deuil.
Pourtant, l’histoire est plus complexe… Qui aide qui dans cet étrange trio ? Là aussi une forme de jeu ténu. Celui des fils de marionnettes, tous reliés les uns aux autres, tous dépendants les uns des autres.
Tu avances, je te suis.
Je te lâche, tu tombes.
Je te pose, on sombre.
Une marionnette qui donne le temps au temps… Celui de la prise de conscience de ce premier abandon.
Adèle Fugère adopte une écriture à la fois poétique faite de calme et de belles respirations, mais aussi ponctuée de naïveté et d’élans plus vifs. À l’image de l’adolescent à qui elle donne la voix. Cet âge avec sa pudeur et sa démesure. Cet entre-deux aux variables des toutes premières fois.
Véritable coup de cœur !
Laisser un commentaire