
J’ai fermé mes yeux très forts, écrasé mes paupières contre mes pupilles, et enfoui ma tête dans l’oreiller, sous les draps blancs. Puis j’ai couru. Couru. Vite et loin. Essoufflée. Mais cela n’a pas suffi, rien n’y faisait…
Mon rêve s’est échappé sans demander son reste. Par la fenêtre entre-ouverte, attiré par la lumière naissante. Avec même, je le soupçonne, un petit brin d’ironie à me voir galoper ainsi derrière lui. À ce petit jeu, il gagne presque toujours…
Dans ses jours de bonté, il laisse quelques traces dans son sillage, comme un roi condescendant. Parfois elles prennent la forme d’une image floue. Et la plupart du temps, le rêve offre à peine une sensation… juste une illusion. Celle d’avoir vécu une expérience intrigante, étonnante, voire complètement farfelue. Quelque chose d’impalpable. Comme un parfum qu’on ne peut décrire, un sentiment qu’on ne peut définir, ou une réminiscence qui n’existe qu’en nous, derrière nos cils, sans jamais franchir la frontière de notre corps. Quelque chose qui n’existera sans doute jamais.
Peut-être est-ce mieux ainsi. À ne garder que des bribes improbables, l’imagination peut alors vagabonder de plus belle.
Voler, danser, croire et espérer.
Je me souviens… Cette nuit tu as traversé mes rêves.
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