
Bonjour les Amis,
Aujourd’hui je vous parle de Badjens, un livre très fort de Delphine Minoui écrivaine et journaliste franco-iranienne.
Badjens est une jeune Iranienne de 16 ans assoiffée de liberté, animée par un furieux besoin d’émancipation et à l’écoute d’un corps en pleine mutation, sous une tête couverte malgré elle. Au coeur de la révolte “Femme, Vie, Liberté” en 2022, au moment où elle est au plus proche de la mort, elle ne s’est jamais sentie aussi vivante. Arrachant son voile, le brûlant face aux mollahs.
A ce moment précis, elle m’a emmenée avec elle dans son monologue intérieur, retraçant son existence. Elle m’a fait revivre en parallèle de sa vie, la mienne au même âge, en France. Eh bien je peux vous dire qu’en dehors des émois de jeune fille qui eux, semblent être universels, en dehors d’une forme de pseudo rébellion que j’avais moi-même assez peu exprimée, les deux adolescentes que nous avons été le temps de la lecture n’auront aucun souvenir commun. Aucune comparaison possible. Je mesure la chance que j’ai eue de grandir là où j’ai grandi.
Quelques décennies plus tard, pour lire Badjens, j’étais confortablement installée quelque part en France, dans un fauteuil, au chaud, jambes et tête nues, mèche indisciplinée, en autonomie pour penser et en totale possession de mon corps. Des détails qui veulent dire beaucoup… Des détails qui n’en sont pas et qui font une différence abyssale entre ici et là-bas.
Au fil de ma lecture, je sentais grandir en moi plus qu’une compassion, un véritable élan de solidarité. Une réelle prise de conscience. Cependant au-delà de réaliser ces disparités entre nos pays, je me suis posée une question essentielle. Une question à laquelle je n’ai toujours pas la réponse…
Dans cette même situation que Badjens et toute cette génération d’Iraniennes, aurais-je moi aussi cette force ? Ce courage de me révolter comme elles ? D’affronter l’innommable ? Je n’en ai aucune idée. Et je défie qui que ce soit d’avoir un avis assuré sur ce point depuis le même fauteuil que le mien, celui dans lequel j’étais lovée, jambes et tête nues…
“Merci Delphine Minoui, d’ouvrir nos esprits et nos coeurs à ce qui se déroule au-delà de nos frontières pas si lointaines.”
Que vive la littérature déjà pour ça !
Un livre écrit avec justesse à mettre entre toutes les mains.
Je vous souhaite une profonde immersion en Iran, chers Amis.
après avoir lu ton analyse sur ce livre je pense qu’il faut lire ce livre pour se rendre compte de la vie des femmes la bas. Quelle chance de vivre en France!
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Oui exactement, temps qu’on ne regarde pas au-delà de notre habituel champ de vision, on ne peut réaliser cette chance.
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