
Je descendais l’escalier de mon immeuble. Quoi de plus banal et habituel que d’arpenter les deux étages qui me séparent de la rue ? Un pied devant l’autre qui sait chaque petite bosse sous le tapis, qui devine chaque craquement. Un pied devant l’autre qui n’a nul besoin de mes yeux. Dans un rythme plutôt rapide. Le mien. Comme un trottinement allègre.
A l’instant précis où mon pied gauche s’apprêtait à atteindre la troisième marche, une petite note bien connue a résonné dans ma main, au fond de ma poche droite. Instinctivement j’ai sorti mon téléphone et posé mes yeux sur l’écran laissant mes pas décidés agir seuls.
J’ai vu une notification. Là aussi, c’était plutôt banal. De mon index droit, j’ai appuyé pour ouvrir le message. Et là, j’ai reconnu qui m’écrivait. J’ai reconnu avec plaisir, qui m’écrivait. Je me suis arrêtée net. J’ai parcouru les quelques mots, une fois, deux fois. Une émotion…
Et c’est le moment exact où j’ai croisé un homme gravissant l’escalier. Je ne l’ai pas entendu arriver, je l’ai à peine vu. J’ai seulement remarqué brièvement son sourire qui ne m’était pas particulièrement adressé, mais plutôt à lui seul et déclenché par moi. Je l’ai senti. J’ai décelé dans son regard furtif un léger amusement. Un instant j’ai été interloquée. Un tout petit instant… Avant de comprendre ce qui le faisait réagir ainsi. C’était bien moi. J’ai alors réalisé que sur mon visage était posé un sourire complètement béat (limite stupide j’imagine). Ces lèvres étirées depuis la lecture du message, rehaussant mes pommettes au point de laisser apparaître une fossette à droite, l’ensemble accompagné sans doute d’un petit éclat dans mes yeux. Ces lignes reçues de celui dont j’espérais et j’attendais des nouvelles, m’ont plongée dans cet état de félicité. Je m’étais crue seule.
Et cet homme que j’ai failli heurter, devait donc gentiment se moquer, car lui, avait compris mon état avant moi. Se moquer ou m’envier, qui sait ? Je suis sortie de ma bulle dans une fulgurance presque désagréable. J’y étais bien. Mes pieds ont retrouvé la voie de la marche. J’ai tenté de décrocher mon sourire improbable à mon écran et me suis raisonnée pour ne le garder qu’intérieurement.
Ce pouvoir magique des mots. Ceux qui nous sont adressés clairement. Ceux que l’on devine. Ceux que l’on partage. Ceux qui nous exaltent. Qui nous font sourire. Béatement parfois. Voire bêtement. Mais qui au-dedans provoquent un tsunami, apportent une déferlante d’ondes positives. Une brûlante énergie qui fait un bien fou. Qui donne confiance. Qui fait croire qu’on est beau…
Qui donne à penser que peut-être, d’une certaine manière, on est belle.
Parce que capable de s’émerveiller d’une attention. D’un simple mot.
C’est beau 😍
J’aimeAimé par 1 personne
quel joli texte si bien écrit !
Comme quoi le sourire et le regard peuvent rendre heureux même s’il ne vous est pas adressé.
J’aimeAimé par 1 personne
Exactement ! Merci…
J’aimeJ’aime
superbe texte, j’aime beaucoup !
J’aimeAimé par 1 personne
Merci beaucoup 😍
J’aimeJ’aime