Le gris de nos cœurs

Un froid glacial au petit matin. Des bouches qui crachent un souffle blanc. Les pieds qui tapent le sol, les poches pleines de mains et les cous étranglés dans des écharpes de laine.

Des silhouettes sombres. Nombreuses. Serrées. Des voix basses et des yeux qui se noient. Un reniflement ici, une étreinte par là. Des mâchoires crispées. Des joues mordues.

L’attente.

Puis une procession silencieuse.

Des bancs de bois. Dont seuls les grincements prennent toute la place. Occupent les esprits brouillés. Permettent de focaliser sur un petit rien. Tel ce rai de lumière qui traverse les vitraux. Ce petit rien qui sauve dans les grands moments.

Obsédant, il devient l’équilibre nécessaire entre minuscule et majuscule. Entre la cruauté de la vie qui s’en est allée et la beauté qu’elle fut.

Enfin les cloches. Ce glas comme un point final. Ce tintement qui résonne dans les ventres. Qui explose dans les têtes.

Et dehors, sur le parvis, et partout ailleurs, le soleil pour colorer le gris de nos cœurs.

Ses rayons pour la réchauffer. Elle.

Pour rappeler que le jour continuera de se lever.

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