
– T’es dispo ce soir ?
– Oui pourquoi pas ?
– On se retrouve en terrasse ?
– Génial ! Vers 20h c’est ok pour moi
– Chouette, j’appelle aussi Clara
– Oui, ça me ferait plaisir, ça fait longtemps que je ne l’ai pas vue
– On refera le monde autour d’un verre
– Parfait, j’aurai plein de trucs à vous raconter
– Moi aussi, si tu savais
– Mais de vive voix ce sera plus sympa
– Oui plus cool
– Même endroit que d’habitude
– Ok, kiss, et à ce soir
– Trop hâte !!
Mais tout ça c’était avant. Quand l’enthousiasme se voulait beau et l’emportait. L’illustration en amont de ce rendez-vous initié, organisé, voulu.
Attendu.
C’était pourtant à la perspective d’une rencontre qui avait donné lieu à une forme de joie de se retrouver, une impatience. Le souhait de s’amuser ensemble. Le besoin de se raconter, de partager. D’échanger. L’envie de regarder l’autre et se voir dans ses yeux. Le plaisir d’y briller un peu, aussi. Le désir d’éprouver des sensations communes. Des émotions.
L’espoir d’être entendu. Peut-être même écouté. Le rêve d’être compris.
Or des sollicitations virtuelles se sont vite installées entre les mains… Des bips stridents. Des invités fantômes ont pris la places des mots, des gestes et des rires. Jusqu’à celle des regards.
Un rendez-vous manqué.
– Salut, bonne fin de soirée
– On se rappelle ! Tchao
– Et tu me raconteras…
– Oui, on n’a pas eu trop le temps là…
Et on recommencera.
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