
5h35, je lève une paupière, puis deux. Celles que je m’efforçais de maintenir fermées depuis quelques instants déjà. Mon corps me rappelle que son repos n’a duré qu’une poignée de petites heures. Pour une fois je traîne. Cinq, dix, quinze minutes supplémentaires, la tête enfouie dans l’oreiller… tentant de rattraper celui qui m’échappait. Mais rien n’y fait.
Alors ma conscience reprend ses droits et je me souviens que dehors, quelque chose de plus grand que moi doit être sur le point de se produire.
Je m’extirpe de mes draps froissés.
Encore léthargique, dans l’obscurité et des gestes mécaniques, les yeux embués de rêves aux traces impalpables qui traînent au bord des cils, j’appuie sur le bouton. Le bruit familier assorti à l’odeur du café me réconfortent.
J’ouvre la baie vitrée, sors pieds nus dans la moiteur et là, je réalise que le miracle s’est produit. Au coeur d’un silence doux, une odeur d’après la pluie me saisit. Elle termine instantanément le chemin de mon réveil. L’odeur de celle qu’on n’espérait plus, enivrante et poivrée se niche en moi. Je la hume d’abord puis l’inspire profondément. Qu’elle s’imprègne, me laisse une cicatrice olfactive tandis que les gouttes abreuvent la terre assoiffée…
Je m’assieds, observe l’immensité qui m’entoure et me souffle combien je lui appartiens et non l’inverse… Puis j’assiste à la nuit qui s’évapore. Qui, sans heurts, se dissout. Le pastel s’installe.
Mon café dans une main, l’air libre dans l’autre, je caresse au loin la première de lueur de l’aube.
Longtemps, je reste à la regarder prendre de l’ampleur et laisser place à un jour total, lumineux et nouveau.
Un de plus.
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