La paix des sexes : lettre ouverte à Tristane Banon

Bonjour les Amis,

Je profite de l’approche de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes du 25 novembre pour vous présenter un essai. La paix des sexes. Une fois n’est pas coutume, je cède à l’envie irrépressible de vous le présenter sous forme de lettre ouverte à Tristane Banon.

Extrait de la quatrième de couverture :

“ Je suis une femme, je ne suis pas une victime, je l’ai été, ces choses-là passent. Quand le statut de victime tend à devenir une valeur ajoutée, un anoblissement que certaines veulent acquérir à tout prix comme on cherche à atteindre un statut social, je pense, au contraire, qu’héroïser la victime plutôt que de vouloir la respecter, c’est tuer la guerrière, assassiner la créatrice, valoriser la soumise, poser un interdit sur le fait que la femme soit l’égale de l’homme. Je ne dis pas que les femmes ne rencontrent pas, encore aujourd’hui, bien des maux qu’il faut vouloir guérir, je dis que les inscrire dans une guerre des sexes perpétuelle, en appelant à la rescousse le passé d’une société au sexisme systémique clairement établi, ne convient pas “…/…

“ Chère Tristane,

Je suis très sensible à votre approche du statut des victimes – en particulier de violences sexuelles -. C’est essentiellement de celles-ci dont il est question dans votre livre. 

« Je suis une femme, je ne suis pas une victime, je l’ai été, ces choses-là passent. C’est ma première nuance. »

Ne serait-ce que pour cette introduction, j’ai très envie de vous remercier. Vraiment ! Plus qu’une nuance, cet état devrait être un fait établi dans la vie des personnes qui l’ont vécu, sans avoir à le brandir de façon systématique, et sans avoir non plus à le dissimuler avec vigueur, de peur du regard de l’autre. Des autres. Seul le désir profond d’un combat justifie cette revendication, me semble-t-il.

Je suis moi aussi une femme, j’ai été victime et pour autant j’espère que la personne que je suis devenue aujourd’hui, intrinsèquement, ne se résume pas à ce statut, que mon être tout entier ne transpire pas cette blessure. Je ne veux pas incarner l’image de la posture victimaire. Bien au contraire, même au prix du déploiement d’une énergie féroce, je m’en défends et lutte encore au quotidien pour n’en rien laisser paraître – ou le moins possible -. Juste pour être moi-même. Comme vous le dites vous-même, et je partage votre point de vue : vous n’en n’êtes pas fière mais n’en n’avez pas honte non plus. Même s’il faut du temps pour parvenir à cette forme de résilience.

La douleur ne s’estompe pas, c’est sa perception qui s’amenuise. Celle qui permet l’acceptation que cette béance, invisible à l’œil nu, et qui devient un élément de notre soi. A partir de ce moment seulement, il est possible de retrouver clairvoyance et lucidité qui permettent d’accéder à une capacité d’analyse sur les combats à mener.

Vous prônez la nuance dans chacun d’entre eux, sans quoi le pire en nous s’éveille. Dans ceux engagés par les féministes contre le “sexisme systémique”. Cette guerre des sexes parfois, voire souvent, injustifiée. Je partage également votre avis sur le fait indéniable et établi que nous vivons dans un Etat de droit et que par conséquent, la justice arbitraire n’a pas lieu d’être. Vous reconnaissez l’utilité de nouveaux outils tels que le #Metoo, mais dénoncez l’acharnement médiatique et populaire qui en découle trop souvent sans que justice soit rendue en bonne et dûe forme. Vous rappelez l’existence de la présomption d’innocence dans notre pays, – au grand dam des néo-féministes -, vous évoquez l’imprescriptibilité, les féminicides et autres sujets brûlants…

Mais surtout, je vous rejoins dans l’idée qu’hommes et femmes doivent s’unir et non se désunir pour avancer et faire évoluer la société dans un respect mutuel. Et que tout passe par l’éducation de nous-mêmes et des générations à venir.

Je conclurai avec mes propres mots assumés, que non, tous les hommes ne sont pas des salauds (fussent-ils nombreux). ”

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