Si Vivant : Un roman grisant

Bonjour les Amis,

Le titre est déjà annonciateur de l’atmosphère qui règne en ces pages. Si Vivant. Vivant est le héros et narrateur. Il est tout jeune lorsque la première guerre mondiale éclate, fils de riches industriels, les fondateurs du paratonnerre, son destin semblait tout tracé et même anticipé à la mort de son père. Après un moment passé auprès de sa mère dans l’entreprise familiale pour pallier à l’absence paternelle prématurée, il change radicalement de voie et revient à ses premières amours. Il devient aviateur. Et pas des moindres. Il se forge une sacrée réputation d’audacieux, mais pas seulement.

Le dandy Vivant incarne la joie de vivre et fait preuve d’une forme d’allégresse permanente à toute épreuve. Hédoniste, auprès de lui tout devient léger, supportable. Vivable et puissamment vivant ! Et pourtant ce gradé de l’aviation prend son rôle très au sérieux. Une personnalité savamment complexe qui sait aussi mettre au premier plan, tant les valeurs familiales qu’amicales. Sans parler de l’amour bien sûr, qui surgit toujours lorsqu’on s’y attend le moins. Avec un attachement extrêmement profond à deux femmes qui ont compté dans sa vie sentimentale. 

P.E Cayral insère autant de poésie dans son histoire que son héros, adepte de Baudelaire ou Apollinaire et tant d’autres… J’ai fini par ne plus savoir duquel, de Vivant ou de Cayral, émanait cette grâce. Ce lyrisme. Au cœur des mots, cette guerre est presque devenue mélodieuse en dépit des combats menés avec force et hargne dans le ciel, en dépit des pertes humaines. L’écrivain décrit avec authenticité ces affrontements aériens. J’étais dans ces aéroplanes, j’ai survolé les tranchées. Comme Vivant j’aimais m’envoler pour échapper aux barbaries terrestres. 

Une écriture ailée, un rythme nerveux, un allant général provoquant une sensation de perpétuel mouvement. Un roman truffé de références culturelles diverses à qui sait les déceler entre les lignes. Un petit plus tout à fait charmant ! Quant à Saint Exupéry, il n’est jamais très loin à différents égards… Comme un petit signe familier réapparu d’outre-tombe ou d’entre les nuages.

Et si j’osais un médiocre jeu de mots… J’ai beaucoup aimé la fin, ce hublot ouvert sur le champ des possibles, sur un souffle d’air Si Vivant… Quoi qu’il advienne.

Comme dans son précédent livre, Au départ nous étions quatre, il est question en un mot de l’héritage de la lignée familiale. Un sujet cher à l’auteur.

Je vous souhaite, chers Amis, une lecture envolée !

Je vous joins ici, le lien de ma chronique du précédent livre de P.E Cayral que j’avais beaucoup aimé aussi. Au départ nous étions quatre. Au départ, nous étions quatre

2 commentaires sur “Si Vivant : Un roman grisant

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