Une heure à soi : Que faire du vide ?

Voici un récit philosophique passionnant.

Qui n’a jamais rêvé d’une heure à soi, un moment de pause dans sa vie quelles qu’en soient les raisons. Elles peuvent être multiples, uniques et de tous ordres.

Un récit qui a résonné en moi, comme je le devine en beaucoup d’entre nous. Femmes ou hommes. Jeunes ou moins. Vie privée, familiale, professionnelle, amicale, sentimentale… Il est parfois difficile de tout concilier sans se perdre soi-même. Il est encore plus complexe de faire des choix, de privilégier l’une ou l’autre de ces vies sans éprouver le sentiment de sacrifice, donc de frustration. Choisir c’est renoncer. Mais choisir c’est aussi avancer, avec un prix à payer, souvent.

Qui n’a jamais rêvé d’une heure à soi pour se retrouver, ou se découvrir tout simplement. S’adonner. S’abandonner. S’offrir à soi. Oui c’est possible. Se donner à soi-même. Pour cela il faut être en mesure de prendre de la hauteur et réaliser que nos agitations peuvent exprimer une fuite. Ici pour échapper au vide. Après quoi suis-je donc en train de courir et surtout pourquoi ?  Où se glisse le désir dans cette abondance de dispersions ? Dans cette constance du mouvement ? Quelle est ma quête à me noyer au cœur des autres, pour les autres ? Dans l’autre. A ne pas laisser de place au creux, à l’impalpable, à l’air que je respire, au soleil qui chauffe mes pommettes. Responsabilités nombreuses obligent, certes, mais pas seulement. Ce sont les questionnements d’Adèle Van Reeth. Ce sont les miens. Ce pourrait être les vôtres.

Qui n’a jamais rêvé d’une heure à soi, d’une exclusion temporaire du monde, de s’éloigner de ceux qui nous entourent, même de ceux que l’on aime plus que tout. Partir. S’évaporer le temps de le dire. Ou pas. Fondre dans ce vide que l’on fuit. Le laisser nous happer, nous envelopper. Y sombrer pour mieux en revenir. Plus fort peut-être. Réparé. Les yeux ouverts. Les pieds stables.

Et tout reprendre.

Ou tout recommencer.

Le fil rouge de ce texte est l’une des Pensées de Pascal, ce philosophe très présent dans la vie d’Adèle Van Reeth. « On ne s’occupe que de ce qui n’est pas, et non de ce qui est ». Tout au long de ces pages envoûtantes, on croise tant Camus que Virginia Woolf, Thoreau, Rousseau et d’autres encore.

Ce livre interroge sur l’intérêt de faire face à nos fuites, à nos peurs et nos angoisses enfouies quand nous arrivons à une forme de saturation. L’intérêt de se faire face à soi.

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