Gaby : le roman tout en rondeur de François d’Epenoux

Bonjour les Amis,

Quand un livre me plaît, peu importe son âge… Voilà pourquoi je ne me contente pas de vous présenter des livres “récents”.

Le temps n’a pas de prise sur la littérature. Ce qui ne semble pas être le cas de Gaby, le héros du roman de François d’Epenoux paru il y a quelques années. Ce temps, justement, a une sacrée prise sur ce drôle de personnage ! 

Réalisant, selon des statistiques bien établies, qu’il arrive à quelques jours précisément, de la moitié de sa triste vie, Gaby, obèse et vide d’amour comme d’extase, décide d’agir. Il veut tout bousculer et profiter avant d’atteindre la phase descendante et dégradante de son existence. Pour la croquer une dernière fois, il s’autorise auparavant quelques plaisirs jamais vécus. Sans limite aucune. Histoire de finir en beauté et tout en légèreté…

Certains matérialisent le temps qui passe par une pelote de ficelle qui roule, qui roule et leur échappe. Pressés de courir derrière pour ralentir son cheminement et retarder au maximum le moment où ils en saisiront l’autre extrémité. Un besoin de vivre vite, fort, intensément, pleinement. Une sorte de course effrénée à la vie dont ils ont envie de se gaver le plus longtemps possible. Comme Gaby s’est empli de viennoiseries et autres nourritures depuis sa jeunesse pour combler un amour inavoué. Jusqu’au bord de l’explosion. 

Et pour une fois, ce thème de la temporalité est abordé ici, à l’inverse de ce qu’on a l’habitude de lire ou constater. Gaby, pour éviter cette longue ruée dont il n’est physiquement pas capable, et chez qui elle prendrait plutôt la forme d’une errance, souhaite tout simplement couper la ficelle à l’exacte moitié de la pelote.

Il ne s’agit pas non plus d’une simple histoire sur l’obésité, la caractériser comme telle serait rester en surface et passer à côté de l’essentiel. À condition pour cela, d’entendre l’autre petite voix muette de l’écrivain et d’avoir un regard aiguisé sur ses mots absents.

Je perçois plutôt ce roman métaphorique à bien des égards, comme une prise de conscience de l’audace qui parfois nous manque pour oser vivre nos rêves. Un plaidoyer pour la communication entre les êtres, avant que doute et frustration ne s’installent au point de nous ronger ou nous emplir, selon. Avant que le vide ne devienne envahissant. Avant de vivre à côté de soi-même.

A son habitude, François d’Epenoux pousse son personnage au-delà de ses limites, de manière presque animale, et malgré cela, l’atmosphère du récit reste mâtinée de tendresse. J’ai aimé le contraste entre le début et la fin du livre. L’ancrage dans une réalité lourde, pesante qui évolue vers une légèreté onirique et une sensation d’apesanteur. A l’image de Gaby. Tel un ballon de baudruche lâché qui prend son envol…

François dresse le portrait d’un homme attachant, triste et drôle à la fois, comme souvent, et bouleversant. Un homme à qui j’ai souvent eu envie de tendre la main et d’offrir mon épaule. Un homme que j’aurais aimé voir sortir des pages et prendre vie et place face à moi.

Un être tourmenté que j’aurais aimé apaiser d’un simple regard.

Je vous souhaite donc, chers Amis, une très belle rencontre avec Gaby qui en impose !

Grand format 

Ebook 

J’en profite pour vous glisser les liens des chroniques d’autres titres de François d’Epenoux :

Le réveil du cœur 

Le Presque

Les désossés 

L’importune

Deux jours à tuer


Même pas mort

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